Luigi Di Maio a décidé de s'expliquer. Le vice-Premier ministre italien a signé, ce vendredi, une tribune dans Le Monde afin d'expliciter les raisons pour lesquelles il s'est rendu en France mardi, à la rencontre des gilets jaunes. Cette démarche - entre autres points de tension - a conduit la France à rappeler son ambassadeur en Italie, ouvrant la plus grave crise politique entre les deux pays depuis des décennies.
Attaque des "recettes ultralibérales"
Luigi Di Maio veut d'emblée calmer le jeu : "l'Italie et le gouvernement italien considèrent la France comme un pays ami", précise le ministre italien, qui estime également que le "peuple" français est "un point de référence [...] dans les conquêtes des droits civils et sociaux".
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Mais le leader du Mouvement 5 étoiles n'épargne pas pour autant le gouvernement français, ni les précédents. "Je ne suis pas étonné que le peuple français montre des signes considérables de malaise vis-à-vis du démantèlement de certains de ces droits [sociaux]", écrit-il, en référence au mouvement des gilets jaunes. Revenant sur la "loi travail" de 2016, il dénonce les "recettes ultralibérales", "menées par des partis de droite comme de gauche".
Chef de file d'un mouvement antisystème en Italie, Luigi Di Maio explique avoir été interpellé par les revendications des gilets jaunes qui abordent "des thèmes qui, désormais, dépassent la droite et la gauche et qui mettent au centre le citoyen et ses besoins, dans une attitude post-idéologique".
"Volonté de collaboration"
"C'est pour cette raison que j'ai voulu rencontrer des représentants des gilets jaunes et de la liste RIC, explique-t-il, tout en défendant les mesures prises par son gouvernement. Parce que je ne crois pas que l'avenir de la politique européenne soit dans les partis de droite ou de gauche, ou dans ces partis qui se disent 'nouveaux'."
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La veille, Luigi Di Maio avait déjà expliqué que sa rencontre avec les gilets jaunes ne se voulait "pas une provocation envers le gouvernement français actuel mais une rencontre importante avec une force politique avec laquelle nous partageons tant de revendications, à commencer par l'exigence de démocratie directe" ; une rencontre lourde de sens toutefois à l'approche des élections européennes.
"Les divergences politiques et de vision entre le gouvernement français et italien ne doivent pas affecter le rapport historique d'amitié qui unit nos deux peuples et nos deux États", conclu cependant le vice-Premier ministre italien, qui tient à "réaffirmer la volonté de collaboration" de l'exécutif italien. La France a, de son côté, déclaré que le dialogue n'était "pas rompu", mais a insisté sur la nécessité de "marquer le coup" après de multiples provocations.
