La crise diplomatique entre la France et l'Italie n'en finit plus. Le ministère des Affaires étrangères français a estimé ce mercredi que la rencontre entre Luigi Di Maio, vice-Premier ministre italien et chef de file du Mouvement 5 étoiles, et des gilets jaunes en France était "une nouvelle provocation (...) pas acceptable".
Luigi Di Maio a annoncé sur les réseaux sociaux avoir rencontré des responsables des gilets jaunes mardi, en région parisienne. Et le vice-Premier ministre italien de conclure : "Le vent du changement a franchi les Alpes. Je répète : le vent du changement a franchi les Alpes".
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"Cette nouvelle provocation n'est pas acceptable entre pays voisins et partenaires au sein de l'Union européenne", a commenté un porte-parole du Quai d'Orsay. "M. Di Maio, qui assume des responsabilités gouvernementales, doit veiller à ne pas porter atteinte, par ses ingérences répétées, à nos relations bilatérales, dans l'intérêt de la France comme de l'Italie", a ajouté le porte-parole.
Relations très tendues
Le responsable italien a notamment vu un délégué des gilets jaunes, Christophe Chalençon, et des candidats aux élections européennes sur la liste d'Ingrid Levavasseur, selon un message qu'il a posté sur les réseaux sociaux. Début janvier, Luigi Di Maio avait déjà apporté un soutien appuyé au mouvement : "Ne faiblissez pas !" leur avait-il lancé sur le blog du M5S, mouvement politique atypique né en 2009 du rejet de la classe politique par une partie des Italiens.
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"Je soutiens les citoyens honnêtes qui protestent contre un président gouvernant contre son peuple", avait affirmé de son côté l'autre vice-Premier ministre, Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite). Depuis, les responsables italiens ont critiqué Emmanuel Macron à plusieurs reprises, souvent de manière très virulente. Matteo Salvini a ainsi invité les Français, fin janvier, à se libérer d'un "très mauvais président".
À tel point que l'ambassadrice italienne en France avait été convoquée par le Quai d'Orsay fin janvier, symptôme parmi d'autres des relations très tendues qu'entretiennent Paris et Rome depuis l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite alliée aux antisystèmes en Italie en juin 2018.