Vendredi, l'appel à la prière qui a retenti à la mosquée Mariam de Copenhague, au Danemark, était chanté par une femme. Elles étaient même les seules à être invitées, à l'occasion de la première prière du vendredi non-mixte de cette mosquée un peu particulière, dont les deux imams sont également des femmes.
La mosquée Mariam, qui a ouvert il y a six mois dans un appartement d'une rue commerçante, entend montrer aux femmes qu'elles peuvent "prendre le pouvoir", selon Sherin Khankan, une des fondatrices. Une soixantaine d'entre elles, dont la moitié de musulmanes, ont assisté au prêche de l'imam Saliha Marie Fetteh, consacré à "la femme et l'islam dans le monde moderne", raconte le Guardian.
Mariages inter-religieux
Sherin Khankan, qui a indiqué être "en cours" de formation pour devenir imam, a déclaré vouloir au départ ouvrir une mosquée où les femmes imams pourraient prier face à une audience mixte, mais qu'elle avait ensuite changé d'avis. "Il s'est avéré qu'une majorité de la communauté a voulu une prière du vendredi exclusivement pour les femmes", a expliqué à l'AFP Sherin Khankan, née au Danemark d'un père Syrien et d'une mère Finlandaise.
Ouverte de manière informelle en février, la mosquée n'a accueilli sa première prière que six mois plus tard, précise le Guardian. Pour autant, elle n'a pas été inactive et a accueilli six mariages et quelques divorces. D'autres unions sont prévues, dont certaines entre fiancés de différentes religions.
"L'islam est dominé par les hommes"
Sherin Khankan explique au quotidien britannique que ce projet vise à "défier la structure patriarcale des institutions religieuses". "L'islam est dominé par les hommes, les femmes ne sont toujours pas égales (aux hommes) dans le catholicisme et le judaïsme", ajoute-t-elle, bien décidée à changer les choses dans sa propre foi. La mosquée Mariam souhaite aussi combattre l'islamophobie et défendre les valeurs islamiques progressistes.
"Il est très difficile de défendre l'idée selon laquelle les femmes musulmanes sont oppressées quand elles prennent les devants", assure également l'imam Khankan. Malgré cela, un homme a trouvé que l'initiative n'allait pas assez loin. Le juriste danois d'origine syrienne Nasser Khader a regretté la décision de ne pas laisser les femmes prier devant une audience mixte, qu'il juge "insuffisante" dans un pays comme le Danemark, connu pour son avance en matière d'égalité des sexes.
