Après la récession historique subie en 2020 à cause de la crise sanitaire (-8%), le rebond était attendu. Et il ne déçoit pas. L'économie française retrouve des couleurs - au-delà des prévisions réalisées jusqu'ici - avec une croissance de 7%, du jamais vu depuis 52 ans, et une activité qui a retrouvé à la fin de l'année son niveau d'avant-crise, a annoncé ce vendredi l'Insee. Le patron de Bercy, Bruno Le Maire a immédiatement félicité une politique économique "efficace" de la part du gouvernement.
Avec une telle croissance, la France devrait signer une des meilleures performances de la zone euro : deux points au-dessus de la croissance moyenne estimée à 5%, après, là aussi, un creux de -6,8% en 2020. C'est à ce niveau (5%) que se reprend notamment l'Espagne, selon les chiffres de l'Institut national des statistiques (INE). Ce qui reste bien en deçà de la chute de 10,8% du PIB observée l'an passé sur place.
Assez logiquement, les dernières prévisions pour l'Allemagne et l'Italie sont aussi globalement positives. Destatis, l'office national des statistiques allemand, a annoncé ce vendredi une reprise de 2,8%, qui peut apparaître plus faible, mais qui s'explique logiquement par un reflux moins important en 2020, avec une chute du PIB à -4,9% ainsi qu'un quatrième trimestre plus faible. Pour l'Italie, Itstat a prédit début décembre une croissance de 6,3%, après avoir révisé à la hausse ses chiffres plusieurs fois durant l'année.
Une hausse plus mesurée en 2022
La France explique ses bons résultats par une baisse record du chômage, et la forte progression de la production de biens et services (+7,4%, après -8,5% en 2020). Le retour à la normale de l'économie, à un niveau pré-Covid, n'est pas encore complet, le PIB reste "1,6 % en deçà de son niveau moyen en 2019" d'après l'Insee. Mais cela pourrait changer.
Pour 2022, le gouvernement table sur une nouvelle forte croissance, plus mesurée, mais tout de même de 4% (la Banque de France prévoit 3,6%). Ce chiffre semble suspendu aux différentes évolutions de l'épidémie, et tout particulièrement du variant Omicron.
La situation est la même dans la zone euro, à l'image de l'Italie, qui imagine une croissance plus mesurée en 2022 à 4,7% (-1,6 pt). Deux exceptions : l'Allemagne, qui mise sur une hausse plus importante de son PIB en 2022 qu'en 2021 (à 3,6%, +0,8 pt), mais aussi l'Espagne, à +7% (+2pt). Reste que cette prévision dépasse les attentes des principaux organismes économiques. Le gouvernement de Pedro Sanchez avait déjà mis la barre haute pour 2021, avec une croissance de 6,5% qui s'est ainsi avérée largement surestimée.
