Andreas Lubitz est-il passé entre les mailles du filet? Selon le porte-parole de l'Agence européenne de sécurité aérienne (AESA), Dominique Fouda, des manquements aux règles européennes de sécurité aérienne avaient été remarqués en Allemagne l'année passée, y compris dans le domaine du suivi médical et psychologique des pilotes.

"L'AESA a bien constaté plusieurs cas de non-conformité dans l'application par l'Allemagne des règlements européens en matière de sécurité aérienne, en particulier dans le domaine du suivi médical", a déclaré ce samedi à l'AFP Dominique Fouda, porte-parole de l'Agence, confirmant un article du Wall Street Journal.

Une procédure lancée en 2014

"C'est sur les recommandations de l'AESA que la Commission européenne a engagé fin 2014 une procédure visant à demander des comptes à l'Allemagne", a-t-il poursuivi.

Les éléments recueillis par les enquêteurs en France et en Allemagne sur les circonstances du crash de l'A320 de Germanwings qui a fait 150 morts dans les Alpes françaises le 24 mars, montrent que le copilote de 27 ans, Andreas Lubitz, qui avait souffert de dépression sévère et a eu au cours de sa vie des tendances suicidaires, aurait précipité l'appareil sur le massif montagneux. Le patron de Lufthansa, maison-mère de Germanwings, Carsten Spohr, a assuré que le copilote était "à 100% capable de piloter" un avion.

Pénuries chroniques de personnel

Selon l'édition de samedi du Wall Street Journal, "les officiels de l'Union européenne ont estimé que le régulateur allemand en charge de la sécurité aérienne souffrait de pénuries chroniques de personnel pouvant nuire à sa capacité de contrôle des appareils et des équipages, y compris au niveau médical".

Selon un porte-parole de la Commission européenne, interrogé par l'AFP, "sur la base des recommandations de l'AESA, la commission a fait part des problèmes à l'Allemagne, demandant une mise en conformité".

"Les réponses de l'Allemagne sont actuellement en cours d'évaluation", a-t-il ajouté. "Cela fait partie d'un système continu de supervision: des éléments relevés sont suivis d'actions correctrices, comme dans un processus d'audit", a ajouté ce porte-parole.