En visite ce mardi à Rome en sa qualité de présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée, Elisabeth Guigou n'a pas manqué de rappeler qu'elle était plus que jamais candidate à un poste de commissaire européen. En ligne de mire de l'ancienne garde des Sceaux, le puissant portefeuille des Affaires économiques ou celui non moins important des questions énergétiques. Un forcing qui intervient tout juste après l'élection de Jean-Claude Junker à la tête de la Commission européenne ce mardi.
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Elisabeth Guigou croit en ses chances, d'autant plus qu'elle vient juste de s'entretenir avec l'ancien Premier ministre luxembourgeois par téléphone. Surtout, Jean-Claude Juncker cherche des femmes pour constituer son équipe, faute de quoi sa commission "ne serait ni crédible, ni légitime", indique une source au site d'informations Euractiv.
Pourtant, selon les informations de L'Express, à l'Elysée, la situation est claire. On laisse entendre que le soutien présidentiel pour une candidature de Pierre Moscovici ne fait aucun doute, même si dans le même temps, Elisabeth Guigou affirme n'avoir jamais "été découragée par le président de la République". Retiré du gouvernement après le remaniement du printemps dernier, l'ancien ministre de l'Economie est depuis plusieurs mois en campagne officieuse pour le poste.
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Le député du Doubs s'est ainsi vu confié en mai dernier par le nouveau Premier ministre, Manuel Valls, une mission parlementaire de six mois "sur la contribution des politiques européennes à la croissance et à l'emploi". Une préparation sur-mesure pour celui qui lors de ses déplacements à l'étranger, même en fin de mandat à Bercy (à Davos notamment), laissait transpirer son envie de prendre de la hauteur... vers Bruxelles visiblement.
Moscovici est "prêt"
Ce week-end, Pierre Moscovici est entré dans une phase plus active de son lobbying, affichant clairement ses idées. Ainsi, dans une tribune publiée sur le site du Nouvel Observateur, il s'est déclaré prêt (à trois reprises!) "pour une vice-présidence économique pour la France". "Si je suis désigné pour être le prochain commissaire européen français, je souhaite être un acteur résolu de la définition d'une politique économique globale et inventive. La France doit être le fer de lance du sursaut." Une initiative qui n'a pas convainu les eurodéputés UMP qui s'opposent à la désignation comme commissaire européen de l'ancien ministre français de l'Economie. "La délégation française du PPE" (parti populaire européen, droite) s'opposera à la nomination de Pierre Moscovici", a écrit l'eurodéputé Philippe Juvin au nom de ses 19 autres collègues UMP.
La tribune de Pierre Moscovici tombe donc à pic puisque ce mercredi 16 juillet, le sommet européen extraordinaire abordera la question de la succession de plusieurs hauts cadres européens parmi lesquels Catherine Ashton à la tête de la diplomatie européenne, ainsi que le futur successeur de Herman Van Rompuy (président du Conseil européen).
Alors que l'investiture officielle de Jean-Claude Juncker n'est prévue que pour le 1 novembre prochain, le président de la Commission continue activement de sonder les chefs de gouvernement pour connaitre l'identité des candidats proposés par les différents pays membres. L'essentiel du casting doit être bouclé cet été pour être opérationnel au plus vite. Jean-Claude Juncker qui recherche activement des candidates pour une future Commission paritaire appelée de ses voeux, risque pourtant d'avoir le plus grand mal à mener à bien cette quête. L'Allemagne, la Pologne, l'Autriche, la Finlande et la Slovaquie ont déjà annoncé leur candidat. Quant à la France, elle a semble-t-il tout prévu, depuis quelque temps déjà...
