Un voyage qui s'annonce difficile. Au lendemain du report d'un vote crucial au Parlement britannique sur l'accord de Brexit négocié avec Bruxelles, la Première ministre Theresa May entame ce mardi des consultations avec des dirigeants européens.

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Plusieurs l'ont prévenu : pas question de revenir sur le texte qui définit les modalités de la séparation, bouclé fin novembre après 17 mois d'âpres discussions. Un message répété ce mardi matin par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

"L'accord que nous avons conclu est le meilleur accord possible", a-t-il déclaré au Parlement européen à Strasbourg. "C'est le seul accord possible. Il n'est pas envisageable de renégocier quoi que ce soit." Mais, a-t-il ajouté, "il est encore possible d'apporter quelques précisions, quelques questions d'interprétation, sans remettre le 'Traité de retrait' sur la table. Ça n'arrivera pas". Des propos qu'il devrait répéter cet après-midi à Theresa May elle-même. La Première ministre va s'entretenir avec lui ainsi qu'avec le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Un vote reporté à janvier ?

Après l'annonce faite lundi par Theresa May, le dirigeant a annoncé la convocation jeudi d'un sommet consacré au Brexit, au premier jour du conseil européen des 13 et 14 décembre. "Nous sommes prêts à discuter de la manière de faciliter la ratification britannique", a déclaré Donald Tusk. Mais "nous ne renégocierons pas l'accord, y compris le filet de sécurité", a-t-il prévenu.

Ecoutez le 5e épisode d'Europe Express, le podcast européen de L'Express et de Bulle Média, à Bruxelles, un numéro entièrement consacré au Brexit (sur SoundCloud).

Il évoquait ici le "backstop", solution rejetée par les partisans du "hard Brexit", qui prévoit un traitement spécifique pour la province d'Irlande du Nord, afin d'éviter le retour d'une frontière physique avec la République d'Irlande. Elle ne serait appliquée qu'en cas d'absence d'accord entre Londres et Bruxelles lors des négociations après le divorce du 29 mars 2019.

Présente à Bruxelles ce mardi, la ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau a elle aussi jugé que " l'accord de retrait est le seul accord possible", et appelé à se préparer à une sortie sans accord, une possibilité "pas improbable".

Avant de rencontrer les dirigeants européens, Theresa May rencontre dans la matinée son homologue néerlandais Mark Rutte à La Haye avant de se rendre à Berlin pour échanger avec la chancelière Angela Merkel. Cette nouvelle péripétie complique encore un peu plus le calendrier : après le sommet européen sur le Brexit, le parlement britannique siège pendant trois jours avant de suspendre ses activités du 20 décembre au 7 janvier 2019. Selon les analystes, cette courte fenêtre ne permettra pas d'organiser le vote des députés sur l'accord de retrait, qui devrait donc, à ce stade, être renvoyé en janvier. Un porte-parole de Downing Street a fait savoir ce mardi que le vote aurait lieu avant le 21 janvier.