On croyait Michel Barnier définitivement écarté du choix du prochain président de la Commission européenne. A l'actuel commissaire en charge du marché intérieur, la droite européenne (Parti populaire européen) avait préféré, en mars dernier, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Celui-ci devait donc affronter le candidat du Parti socialiste européen Martin Schulz.
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La victoire du Parti populaire européen aux élections européennes semblait ouvrir la voie à Jean-Claude Juncker. En effet, le traité de Lisbonne prévoit, depuis cette année, que le prochain président de la Commission soit choisi en tenant compte du résultat du scrutin européen. Les Etats devraient donc prendre en compte la victoire du PPE afin de désigner le successeur de José Manuel Barroso, dont le mandat expire le 31 octobre.
Juncker trop "usé"?
Sauf que Jean-Claude Juncker est "trop fédéraliste, trop usé par vingt années en Europe, selon Le Monde. L'ancien premier ministre luxembourgeois se heurte au refus du premier ministre britannique, David Cameron, mais aussi du premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, ou de la Suède, Fredrik Reinfeldt."
Michel Barnier ferait donc figure de candidat du compromis, selon le quotidien du soir. Le Français, "qui avait un directeur général britannique à la Commission, n'a pas de veto britannique".
Merkel, toujours favorable à Juncker
Reste que la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré ce vendredi qu'elle soutenait la candidature de Juncker, et ce pour la première fois depuis l'élection européenne de dimanche, dans un discours à Regensburg (sud).
"Je conduis désormais toutes les discussions précisément dans l'esprit que Jean-Claude Juncker doit devenir le président de la Commission européenne", a déclaré la chancelière, selon un tweet de son porte-parole Steffen Seibert, confirmant une information de l'agence allemande DPA.