C'est un évènement prévu du 11 au 13 juin au Royaume-Uni. Le G7 pourrait bien permettre à l'opposition biélorusse de se faire entendre. Figure de l'opposition en exil en Lituanie, Svetlana Tikhanovskaïa, a réclamé, dans un message publié sur Telegram, "la participation des forces démocratiques biélorusses au G7".
La France a apporté son soutien à la demande de Svetlana Tikhanovskaïa, qui s'est entretenue lundi soir avec le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, a précisé l'Elysée. Emmanuel Macron est en effet favorable à ce que l'opposition biélorusse soit invitée au G7 de juin, si les Britanniques le veulent, a indiqué ce mardi l'entourage du président français, qui se trouve à Bruxelles pour un Conseil européen. En marge d'une visite à Vilnius en septembre 2020, Emmanuel Macron avait rencontré Svetlana Tikhanovskaïa et avait promis son aide pour une médiation avec Minsk et pour faire libérer les prisonniers politiques en Biélorussie.
L'opposition biélorusse a appelé ce mardi, au lendemain de sanctions européennes, les Etats-Unis et le G7 à augmenter la pression sur le régime d'Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, accusé d'avoir dérouté un avion de ligne européen pour arrêter un dissident, dont ils ont exigé la libération immédiate. L'opposant Roman Protassevitch, 26 ans, et sa compagne se trouvaient à bord de l'avion de ligne de Ryanair reliant Athènes à Vilnius qui a été détourné dimanche par un chasseur biélorusse. Ils ont été arrêtés à l'aéroport de Minsk après l'atterrissage forcé.
Après un entretien avec le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan, Svetlana Tikhanovskaïa a appelé sur Twitter "les Etats-Unis à isoler le régime et à faire pression avec des sanctions". La candidate à la présidentielle d'août 2020, forcée de se réfugier en Lituanie l'été passé, a également appelé de ses voeux la tenue "cet été d'une conférence internationale de haut niveau pour résoudre la crise en Biélorussie".
L'espace aérien européen fermé aux avions biélorusses
L'Union européenne a décidé lundi soir de fermer l'espace aérien à la Biélorussie, république ex-soviétique frontalière de l'UE, et d'adopter un nouveau train de sanctions contre des hauts responsables et des entités d'Etat. Quelque 88 personnes, dont Alexandre Loukachenko, et sept entités ont déjà été sanctionnées par une interdiction de voyager dans l'UE et un gel des avoirs pour la répression de l'opposition et la présidentielle du 9 août 2020, jugée "truquée" par les Européens.
D'importantes compagnies aériennes, comme Air France, Singapore Airlines ou Lufthansa ont annoncé qu'elles contourneront l'espace aérien de la Biélorussie, une recommandation de l'UE. Près de 2000 appareils effectuant des vols commerciaux empruntent chaque semaine l'espace aérien de Biélorussie, a précisé l'organisation Eurocontrol. L'aéroport de Minsk était devenu ces dernières années un centre régional très utilisé par les ressortissants ukrainiens, géorgiens ou baltes, notamment car l'Ukraine et la Géorgie, du fait de leur conflit avec Moscou, n'ont pas de liaison directe avec la Russie.
Le régime d'Alexandre Loukachenko n'a cependant fait qu'accroître la répression, emprisonnant ou forçant à l'exil ses détracteurs. Ce mardi encore, sept opposants dont le chef d'un parti d'opposition, Pavel Severinets, ont été condamnés à des peines de quatre à sept ans de prison pour leur rôle dans des "troubles massifs", référence au mouvement de contestation de 2020.
