Comme l'atteste la présence des bookmakers à tous les coins de rue, prendre des paris est une passion nationale outre-Manche. Keir Starmer, leader de l'opposition travailliste, a poussé loin ce goût du risque. Rattrapé par le Beergate, une affaire montée en épingle par les tabloïds conservateurs, il vient de jouer son avenir politique à quitte ou double. Si la police lui inflige une amende pour avoir enfreint les règles sanitaires durant la pandémie, il démissionnera. Alors que le parti travailliste se remet doucement des années désastreuses de l'ère Corbyn (son précédent dirigeant) et que le Labour se rapproche enfin du pouvoir à deux ans des prochaines élections, c'est gonflé...

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On aura compris le message : le chef de la gauche veut montrer que Boris Johnson - et avec lui la centaine de hauts fonctionnaires et autres ministres incriminés dans le PartyGate - auraient dû démissionner après que la police les a condamnés à payer une amende pour violation des restrictions sanitaires. Il n'empêche : en comparaison des valises bourrées de bouteilles d'alcool trimballées par les adjoints de BoJo durant leurs soirées arrosées à répétition, la demi-pinte de bière avalée par Keir Starmer lors d'une réunion de travail au bureau du parti travailliste de Durham, dans le nord-est de l'Angleterre, semble dérisoire.

Laisser un officier de police décider de l'avenir politique du pays laisse un peu songeur sur la confusion politique qui semble régner dans le royaume.