C'est l'issue d'une enquête ouverte il y a presque 20 ans. La justice belge a rejeté ce vendredi l'ensemble des poursuites à l'encontre de la branche de l'Eglise de scientologie implantée sur son territoire et représentée par deux associations. Considérée comme une secte dans plusieurs pays mais reconnue comme religion aux Etats-Unis, où elle est née, la scientologie risquait une interdiction chez nos voisins d'outre-Quiévrain.
Son église belge et le Bureau européen pour les droits de l'homme, une émanation à Bruxelles du siège américain de l'Eglise de scientologie, étaient poursuivies comme personnes morales, aux côtés de onze de leurs membres. Tous étaient visés par des charges allant de la "fraude" au façonnement d'une "organisation criminelle", en passant par la "pratique illégale de la médecine", la "violation de la vie privée" et l'"extorsion".
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"Présumés coupables"
Le procureur souhaitait pourtant l'interdiction totale de la branche belge de scientologie. Mais ce vendredi, le président du tribunal, Yves Régimont, a fustigé les conclusions "lacunaires" du parquet, n'apportant selon lui pas la preuve que des infractions avaient été commises.
"Le tribunal doit juger les faits pour lesquels il est saisi, mais si les prévenus ont été poursuivis, c'est d'abord parce qu'ils sont des adeptes de la scientologie", a indiqué dans son jugement le président. "Cet a priori est de nature à obliger les prévenus à défendre d'abord la doctrine à laquelle ils ont adhéré (...), ils ont la plupart du temps été présumés coupables", ce qui ne leur a pas permis d'avoir un procès équitable, a-t-il expliqué, avant de déclarer "irrecevables" l'ensemble des poursuites.
Des plaintes d'anciens adeptes avaient déclenché en 1997 l'ouverture d'une enquête en Belgique. Une femme s'était notamment tournée vers la justice après avoir cherché en vain à récupérer une partie de l'argent qu'elle avait versé.
Au cours de perquisitions effectuées en 1999, les enquêteurs avaient saisi des dossiers reprenant des données personnelles de membres, dont des descriptions psychologiques et des informations relatives à l'état de santé des adeptes. Neuf ans après, une seconde enquête s'ouvrait, cette fois à la suite d'une plainte de l'Office bruxellois pour l'Emploi (Actiris), qui accusait les scientologues d'avoir publié de fausses offres d'emploi dans le but de recruter de nouveaux adeptes. "Le tribunal a reconnu que pendant 18 ans il y avait eu un acharnement", a réagit le porte-parole de l'église de scientologie belge, au micro de RTL info.
