Plusieurs centaines de manifestants, portant pour la plupart des gilets jaunes comme leurs homologues français, se sont rassemblés ce samedi à Stuttgart pour exprimer leur opposition aux interdictions de circulation de vieux diesels imposées depuis début janvier par la justice dans cette ville du sud-ouest de l'Allemagne.
"C'est injuste ce qui arrive aux gens", a dit à l'AFP Vasilos Topalis, un des organisateurs de la manifestation. "Des dizaines de milliers de personnes sont touchées et ne peuvent pas s'acheter une nouvelle voiture."Munis de pancartes "Pro diesel" et "Conducteurs de diesel défendez-vous", les manifestants se sont retrouvés à proximité de la station mesurant la pollution sur l'un des principaux axes de Stuttgart.
Diesel interdit à Stuttgart, et bientôt ailleurs
Depuis le 1er janvier, les voitures diesel de norme Euro 4 ou plus anciennes, généralement immatriculées avant 2011, ne sont plus autorisées à circuler dans Stuttgart, où se trouvent le siège de Daimler et celui du premier équipementier mondial pour l'industrie automobile Bosch. Une exception pour les habitants doit être levée début avril.
Sous la pression d'associations environnementales qui ont saisi des tribunaux locaux, d'autres villes comme Berlin, Mayence, Hambourg et Bonn ont déjà été contraintes par la justice de prochainement limiter la présence de certains diesels. Une interdiction de circulation concerne également un tronçon d'autoroute près d'Essen.
Dans une Allemagne fière de ses puissantes berlines, un fleuron industriel déjà atteint par le scandale des moteurs diesel truqués, politiques et constructeurs se sont échinés pendant des mois à éviter de telles restrictions à la circulation automobile.
Sur le modèle français
"Je veux que le gouvernement s'occupe de nous et annule les interdictions de circulation", explique Ioannis Sakkaros, à l'origine du mouvement de protestation. Et d'ajouter : "Il n'est pas justifié que nous, les citoyens, nous soyons victimes de ce qu'ont fait l'industrie automobile et le gouvernement".
Les organisateurs avaient appelé les manifestants à être présents avec leurs gilets jaunes, après plusieurs semaines de tentatives infructueuses de faire prendre une version allemande de ce mouvement social. "Les Français sont un modèle car ils ont osé descendre dans la rue pour défendre leurs droits", estime M. Topalis.
Les gilets jaunes montrent que "nous n'appartenons à aucun parti, qu'il s'agit d'un mouvement citoyen", poursuit M. Sakkaros.
La semaine passée, quand 1200 personnes s'étaient rassemblées, le parti d'extrême droite AfD avait tenté sans succès de s'associer à la manifestation organisée par M. Sakkaros.
