L'écologiste Alexander Van der Bellen a remporté ce dimanche l'élection présidentielle en Autriche. Européen convaincu, pragmatique et libéral, ce professeur de 72 ans a mené une campagne au centre pour fédérer. Il n'a pas hésité à se présenter avec une étiquette d'indépendant, après onze années à la tête des Verts.
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Un "enfant de réfugiés"
Alexander Van der Bellen se décrit lui-même comme "enfant de réfugiés". Rejeton d'un aristocrate russe et d'une mère estonienne ayant fui le stalinisme, il est né à Vienne. Sa famille a trouvé refuge dans le vert Tyrol, aux confins de l'Autriche et de l'Italie, lorsque l'Armée rouge est entrée dans la capitale autrichienne, en 1945. Dans cette province frontalière, très traditionnelle, il se fait appeler "Sascha", diminutif russe d'Alexander.
Un économiste adepte d'un humour pince-sans-rire
Face à son rival, Norbert Hofer, formé aux techniques de communication, les secondes de silence d'Alexander Van der Bellen aux questions des débats télévisés ont souvent semblé une éternité. Mais cet économiste, ancien professeur d'université, adepte d'un humour pince-sans-rire, a aussi su montrer mordant: "Vous ne comprenez rien à l'économie" ou "Je vous parle d'Europe: E-U-R-O-P-E, vous en avez déjà entendu parler?", a-t-il lancé à Norbert Hofer comme pour faire sortir de son flegme un adversaire qui cultivait sang-froid et affabilité.
Défenseur de la "tolérance zéro"
Les Verts autrichiens, le parti qu'il a dirigé jusqu'en 2008, ont également découvert de nouveaux accents à leur ancien patron, désormais défenseur de la "tolérance zéro" en matière de sécurité, d'une restriction de l'asile pour les "migrants économiques" et acteur de clips électoraux sur fond de drapeau autrichien et d'ode au terroir. Cet été, il était apparu dans une fête de village en veste traditionnelle, une première, non pour s'attirer les grâces de l'électorat conservateur, a-t-il juré, mais pour être au diapason des visiteurs.
Une tactique qui s'est avérée payante, une seconde fois, après sa première victoire invalidée en mai dernier.
