SOMMET DES AMÉRIQUES
Washington en perte d'influence
Réuni à Los Angeles du 6 au 10 juin, le 9e Sommet des Amériques s'est fixé de nouveaux objectifs face à la crise migratoire latino-américaine, alimentée par la répression politique, la violence ou l'extrême pauvreté au Mexique, Amérique centrale, Venezuela, Cuba et Haïti. L'idée ? Mieux répartir les réfugiés sur le continent. Organisé sous l'égide de l'Organisation des Etats américains, ce sommet a été marqué par le boycott des présidents du Mexique, du Guatemala, du Honduras et du Salvador, qui protestaient contre l'absence de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua - ces trois dictatures n'avaient pas été conviées par Joe Biden. Le Wall Street Journal y voit une "perte d'influence des Etats-Unis dans la région" au profit de la Chine.
ETATS-UNIS
Capitole : Trump au centre du complot
Près de 20 millions de personnes ont regardé le 9 juin les premières conclusions de la commission d'enquête parlementaire sur la responsabilité de Donald Trump dans l'assaut du Capitole. Celle-ci a déclaré que cet événement était "l'aboutissement d'une tentative de coup d'Etat", qui avait bénéficié des "encouragements" de l'ex-président, battu par Joe Biden en novembre 2020. L'affaire ira-t-elle au tribunal ? "Des accusations criminelles contre M. Trump portées par l'administration de l'homme qui l'a vaincu enflammeraient davantage un pays déjà polarisé", s'inquiète le New York Times, alors que les audiences n'en sont qu'à leurs débuts.
IRAN
Alerte sur le programme nucléaire
En mars, un accord international avec Téhéran semblait à portée de main. "Aujourd'hui, il est au bord de la faillite", indique L'Orient-Le Jour. Le 8 juin, l'Iran a annoncé avoir déconnecté 27 caméras de surveillance de ses installations nucléaires afin d'empêcher l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'accéder aux images. En réponse, l'AIEA a voté un rappel à l'ordre contre la République islamique. "Les négociations indirectes entre Washington et Téhéran pour la réactivation de l'accord sur le nucléaire traversent une zone de turbulences que d'aucuns jugent d'ores et déjà fatale", rapporte le journal libanais.

Le roi Philippe de Belgique et le président congolais Félix Tshisekedi, à l'aéroport de Kinshasa, le 7 juin 2022 en RDC.
© / afp.com/Arsene Mpiana
RÉPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
Le roi des Belges à Kinshasa
Pour la première visite en douze ans d'un monarque belge, le roi Philippe a pris son temps : six jours passés à sillonner le pays, de Kinshasa - la capitale - à Lubumbashi (Sud-Est) en terminant par Bukavu, à l'Est, en proie à la violence des groupes armés depuis près de trente ans. Au coeur de ce déplacement historique, les "profonds regrets" exprimés le 8 juin par le souverain, qui a rappelé le "passé colonial basé sur l'exploitation et la domination" et s'est engagé à aider le pays en matière de santé, d'éducation ou de sécurité. "Le roi Philippe a réussi le grand écart entre le passé et l'avenir", estime Le Soir.
CHINE
Pékin hausse le ton sur Taïwan
"Nous allons nous battre à tout prix et jusqu'au bout" contre l'indépendance de Taïwan. Ce 12 juin, le ministre chinois de la Défense, Wei Fenghe, s'est montré offensif au sujet du sort de l'île, lors du forum de sécurité Dialogue de Shangri-La à Singapour. "Taïwan est un partenaire stratégique clef des Etats-Unis dans la région, mais Pékin n'a jamais exclu le recours à la force pour ramener dans son giron cette île, que le pouvoir considère comme une province sécessionniste", souligne le South China Morning Post. La veille, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, avait dénoncé l'activité militaire "provocatrice et déstabilisante" de Pékin dans la région.
UKRAINE
La visite surprise d'Ursula von der Leyen
A Kiev, le 11 juin, la patronne de la Commission européenne a rencontré le président Volodymyr Zelensky pour la seconde fois depuis le début de l'invasion russe. Au menu des discussions, le projet d'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne. "L'Allemande n'a jamais caché sa volonté d'épauler l'Ukraine sur son chemin vers l'UE", rappelle La Libre Belgique, mais "la question est sensible, tant elle divise les Vingt-Sept". Ursula von der Leyen a insisté sur les réformes à mener pour mieux lutter contre la corruption, un fléau qui demeure aujourd'hui l'un des plus grands freins à son intégration.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à Kiev, le 11 juin 2022.
© / afp.com/Sergei SUPINSKY
QATAR
Plus de gaz à venir pour l'Europe
Alors que l'Union européenne cherche une alternative aux hydrocarbures russes, Doha a annoncé le 12 juin avoir choisi TotalEnergies comme premier partenaire pour développer North Field, le plus grand champ gazier du monde (10% des réserves mondiales connues), dont les capacités de liquéfaction doivent passer de 77 à 126 millions de tonnes d'ici à 2027. Une bonne nouvelle pour le groupe français qui, avec cet investissement de 2 milliards de dollars, compense ainsi son "repli" de Russie. "Le projet renforcera la position du Qatar en tant que premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié et contribuera à garantir l'approvisionnement à long terme vers l'Europe", souligne le média qatarien Al-Jazeera.
