L'acteur Gérard Depardieu, qui vient d'acquérir la nationalité russe après une polémique en France, a été enregistré officiellement samedi comme résident de la région russe de Mordovie au 1, rue de la Démocratie à Saransk, a constaté un journaliste de l'AFP.

Altercation avec des journalistes

Peu après son arrivée samedi à Saransk, la capitale de cette région située à 650 km à l'est de Moscou, l'acteur s'en est pris à deux journalistes français sur place, leur demandant agressivement de quitter les lieux et d'effacer leurs enregistrements vidéos.

Puis, lors d'une cérémonie officielle au Théâtre national de la ville, il a signé un formulaire et vu son nouveau passeport russe tamponné par une fonctionnaire, avec en fond sonore une musique solennelle.

"Gloire à Saransk, gloire à la Mordovie et gloire à la Russie!"

Tous les citoyens russes doivent être enregistrés à une adresse précise auprès des autorités, une procédure héritée de l'époque soviétique d'ordinaire très bureaucratique.

"Gloire à Saransk, gloire à la Mordovie et gloire à la Russie!", a ensuite déclamé dans un russe hésitant M. Depardieu, en montrant à l'assemblée de journalistes la page de son passeport tamponné.

"Vive la démocratie!", a-t-il aussi dit en français avec un large sourire, en référence à son adresse d'enregistrement, rue de la Démocratie ("Demokratitcheskaïa"), une artère commerçante de la ville. Cette adresse est celle de membres de la famille de Nikolaï Borodatchev, directeur du Fonds d'archives cinématographiques russes et ami de M. Depardieu.

La Mordovie, célèbre pour... ses camps

Gérard Depardieu, 64 ans, s'était vu offrir début janvier la nationalité russe par Vladimir Poutine, après une polémique avec le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault, qui avait qualifié de "minable" sa décision de quitter la France pour la Belgique pour des raisons fiscales.

Il avait à cette occasion qualifié la Russie de "grande démocratie" et critiqué l'opposition russe, tout comme le groupe contestataire Pussy Riot. Après avoir rencontré M. Poutine début janvier, il s'était déjà rendu en Mordovie, une région par ailleurs connue pour ses camps de détention. Une des deux membres emprisonnées des Pussy Riot y purge sa peine de deux ans pour une "prière punk" anti-Poutine dans la cathédrale de Moscou.