Au coeur des nouvelles tendances culinaires en France, le ramen confine au religieux dans le pays qui l'a popularisé, le Japon. 24 000 restaurants proposent ce populaire bol de nouilles aux lointaines origines chinoises, à savourer sur le pouce pour quelques euros. Comme les jeux vidéo, le ramen a ses "otakus", ces Japonais qui ne vivent que pour une passion. Les "raota" (contraction de "ramen" et de "otaku") avalent ainsi plusieurs centaines de bols par an et forment une confrérie très active sur les réseaux sociaux. De vrais experts aux avis tranchés, qui contribuent à l'émulation des restaurants de ramen, mais se comportent parfois de façon insupportable.

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Lassée de leurs excès, Mayuka Umezawa a choisi d'interdire ces "critiques gastronomiques" d'un genre particulier. "80% me harcèlent sexuellement et quand je les ignore, ils me calomnient", a lancé sur Twitter cette ancienne membre du populaire groupe féminin de pop AKB48. En 2017, la jeune femme de 24 ans a ouvert son premier restaurant de ramen, et en gère aujourd'hui quatre.

Pas si nouille que ça...

Le clash a commencé lorsqu'elle a répondu en ligne à un critique qui lui reprochait d'avoir été impolie. Les réseaux sociaux se sont alors enflammés et Mayuka s'est vue accusée de servir des plats non préparés sur place et d'être une"gérante potiche", abusant de sa notoriété. Un homme a même sous-entendu qu'elle avait des liens avec les yakuzas. Pas démontée, la jeune femme a engagé un avocat et l'homme s'est excusé en expliquant qu'il ne faisait que reprendre les rumeurs circulant parmi les "raota".

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La jeune restauratrice n'est pas la seule à se fatiguer de ces passionnés excessifs. La populaire enseigne de Kyoto, Ginjo Ramen Kubota, a carrément interdit les youtubeurs dans ses restaurants. "C'est assez inconvenant de venir filmer pendant les heures de service, et cela dérange les autres clients", s'est-elle justifiée. D'autant que l'enseigne veut recréer l'atmosphère de recueillement propre à la dégustation d'un ramen, en tête à tête avec son bol, qu'il faut terminer en moins de dix minutes pour éviter que les nouilles ne mollissent trop.

Un rituel qui se retrouve dans les mangas consacrés à ce plat aux multiples déclinaisons, les nouilles étant plongées dans des bouillons de porc, avec des assaisonnements variés comme le miso ou la sauce soja. Les aventures de l'héroïne lycéenne de Koizumi-san adore les ramens - un énorme succès - en sont une savoureuse illustration. Et elle, au moins, n'importune pas les restaurateurs.