Si ce n'est pas le premier lâcher de ballons à la frontière, celui-ci promet de déclencher la colère de la Corée du Nord. Des militants sud-coréens veulent faire passer, la semaine prochaine, 10 000 exemplaires du film L'interview qui tue, satire visant le voisin du nord, accompagné d'un demi-million de tracts hostiles au régime.
"Toute la puissance de feu des unités de [l'armée nord-coréenne] placées sur la ligne de front sera engagée sans semonce [...] pour détruire les ballons", a ainsi averti Pyongyang, dans une envolée verbale dont elle est coutumière. Une "provocation politique" et "une déclaration de guerre de facto", a ajouté l'Armée populaire de Corée, citée par l'agence officielle KCNA.
Des tirs de mitrailleuse attendus
L'armée sud-coréenne a d'emblée indiqué de son côté qu'elle répliquerait à tout tir sur son territoire. Déjà en octobre 2014, un lâcher de ballons et tracts avait déclenché un échange de tirs nourris de mitrailleuse de part et d'autre de la frontière terrestre. Cet état de confrontation quasi permanent s'explique par le fait que les deux Corées sont techniquement toujours en guerre, n'ayant pas signé de traité de paix après l'armistice.
Le projet des militants vise également à marquer le 5e anniversaire du naufrage d'un navire de guerre sud-coréen, en 2010, dans lequel 46 marins avaient trouvé la mort. Séoul accuse le Nord de l'avoir coulé. La comédie qui sera embarquée dans le prochain lâcher de ballons raconte une tentative d'assassinat du leader nord-coréen Kim Jong-Un par la CIA, dont la sortie avait été marquée par une cyber-attaque contre Sony Pictures.
