"Les femmes portent la moitié du ciel", disait Mao Zedong. Reste que depuis 1949, aucune n'a été admise dans le "Saint des saints", le comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois (PCC), composé aujourd'hui de sept membres. Et seules huit d'entre elles, dont la quatrième épouse de Mao et celle de son Premier ministre, Zhou Enlai, ont rejoint le Politburo, l'échelon inférieur.
Le déséquilibre entre le nombre de femmes dans le parti - environ 30 % des 97 millions d'adhérents - et leur niveau de responsabilité s'est encore accru lors du XXe congrès du PCC. Car le Politburo, qui comptait jusque-là une femme, Sun Chunlan, prêtresse de la lutte anti-Covid, n'est plus constitué que de mâles (24), après son départ à la retraite. Une première depuis vingt-cinq ans, la tradition recommandant la présence d'au moins une Chinoise.
Mais Xi Jinping, qui s'est affranchi de toutes les règles de gouvernance édictées après la mort de Mao, n'a pas non plus respecté celle-là. Autoritaire et nationaliste, le tout-puissant président est aussi un ultraconservateur, fervent défenseur du patriarcat.
Pour lui, la place des femmes est surtout au foyer, au service d'une natalité déclinante. Et gare aux militantes MeToo, vite réprimées. On voit mal comment un pays où les femmes sont exclues des grandes décisions pourrait lever les blocages au désir d'enfants. Mais pour Xi Jinping, l'essentiel est de consolider son pouvoir. Entre hommes (le congrès a entériné une garde rapprochée de clones loyaux partageant sa ligne dure). Et qu'importe si ce machisme ternit encore son image en Occident.
