La scène s'est déroulée très vite, le 11 décembre près de Mexico. Selon Le Monde, Ana Gabriela Guevara, une sénatrice et ancienne sprinteuse médaillée olympique très connue au Mexique, rejoint la capitale à moto, après un week-end passé avec une amie, qui la suit en voiture. La sportive de 39 ans se retrouve coincée dans les embouteillages aux abords de la ville et se fait percuter par une camionnette.

Elle invective le conducteur, en lui faisant remarquer que sa moto est tombée. L'homme s'énerve et sort de sa camionnette avec un autre homme. Le Monde raconte que les deux hommes ont alors passé à tabac Ana Gabriela Guevara. Comment l'attestent les photos de son visage tuméfié que la sportive a posté sur Twitter (attention, elles peuvent choquer), elle a eu la pommette droite fracturée et a souffert d'un traumatisme facial.

Ces blessures ont nécessité une intervention chirurgicale. Sur le web, les réactions, qui émanaient notamment de ses 19 000 abonnés, ne se sont pas fait attendre.

#frapper les femmes c'est du bonheur

Certains lui ont apporté un profond soutien, mais d'autres ont enchaîné les réflexions misogynes, allant jusqu'à la création d'un hashtag fort dérangeant: #GolpearMujeresEsFelicidad (#frapper les femmes c'est du bonheur). Si de nombreux messages injurieux ont été supprimés depuis, ce mot-clé a néanmoins été utilisé 65 000 fois. "Je vois que cette agression a servi à certains de lancer des menaces et de la discrimination en mon encontre", a réagi l'élue, toujours sur Twitter.

Deux jours après avoir été passée à tabac, Ana Gabriela Guevara a pris la parole lors d'une conférence de presse, afin de dénoncer les violences faites aux femmes. "Cette marque sur mon visage, ces clous et ces plaques me rappelleront en permanence mon combat contre la violence de genre", lance la trentenaire, très émue.

Lors de son agression, l'amie de la sénatrice a eu le temps de filmer la plaque de ses agresseurs. Le chauffard a été identifié, il s'agit d'un ancien policier. Son entourage assure qu'il aurait confondu sa victime avec un homme... Selon Laura Garcia Coudurier, la présidente de l'association pour les droits des femmes au Mexique, interviewée par le quotidien El Démocrata, "il y a sept féminicides par jour et toutes les 4,6 minutes une femme se fait violer" dans le pays.