A peine annoncée, la décision de Donald Trump de choisir son gendre comme haut conseiller à la Maison-Blanche fait déjà des vagues. La nomination de Jared Kushner, mari de la fille du président élu, Ivanka Trump, alimente les critiques sur la brochette des très fortunés conseillers qui entourent le prochain président. Elle renforce également les soupçons de conflits d'intérêt et de népotisme.
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"Il a été un atout formidable et un conseiller de confiance pendant toute la campagne et la période de transition et je suis fier de l'avoir dans un rôle clé de mon administration", a déclaré Donald Trump. Pour jouer ce rôle et désamorcer la polémique, le millionnaire de 36 ans renoncera à tout salaire et quittera ses fonctions de président de l'entreprise immobilière Kushner Companies. Malgré ces mesures préventives, le président élu devra prouver que la loi anti-népotisme de 1967 n'est pas transgressée.
La Maison-Blanche est-elle une "agence"?
Cette loi était entrée en vigueur après la nomination de Robert Kennedy au ministère de la Justice par son frère John F. Kennedy. Elle interdit aux responsables des agences fédérales d'engager des membres de leur famille. Mais selon les avocats de Jared Kushner, la loi ne vaut pas dans son cas car la Maison-Blanche n'est pas une agence, rapporte le New York Times.
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Une position que rejettent des législateurs démocrates. La loi de 1967 peut s'appliquer aux employés de la Maison-Blanche, estiment-ils dans un communiqué adressé au ministère de la Justice. "De plus, le poste de Jared Kushner à la Maison-Blanche peut lui permettre d'influencer une politique qui profite à ses intérêts commerciaux", soulignent également les démocrates.
Modifier la loi
"Jared Kushner est déterminé à se plier aux lois fédérales américaines en matière d'éthique et nous sommes en contact avec le Bureau fédéral sur l'éthique gouvernementale concernant les mesures à prendre", a assuré, Jamie Gorelick, avocate du gendre de Donald Trump.
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Le président élu pourrait ainsi demander au Congrès de voter un amendement qui l'autoriserait à nommer un nombre limité de parents à des postes officiels à la Maison-Blanche, expliquent Norman Eisen, ancien conseiller de Barack Obama sur l'éthique et son prédécesseur, Richard W. Painter, ex-conseiller de Bush, dans les colonnes du New York Times.
Ce serait la solution "idéale et honnête", estiment les deux avocats. "Et étant donné que les deux maisons sont contrôlées par le parti de Donald Trump, il semble peu probable qu'elles hésitent à lui donner ce qu'il veut."
