Lors de la révolution à Cuba en 1959, il n'était pas né. Miguel Diaz-Canel, président et désormais premier secrétaire du Parti communiste, incarne la nouvelle génération au pouvoir, plus connectée mais pas forcément plus souple.
Il a été élu lundi premier secrétaire du Parti communiste, prenant la relève de Raúl Castro qui prend sa retraite à 89 ans, a annoncé le parti, seul autorisé sur l'île. "Miguel Diaz-Canel Bermudez a été élu premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba lors du 8e congrès du PCC", a annoncé le parti sur Twitter, au terme de cette élection par les délégués de la formation politique.
- Formation
Premier civil à diriger le parti, avec pour toute expérience militaire son service de trois ans dans une unité de missiles anti-aériens, Miguel Diaz-Canel est ingénieur en électronique de formation et a ensuite enseigné cette discipline à l'université de Las Villas (Santa Clara).
Parallèlement, il commence sa carrière professionnelle comme officier des Forces armées révolutionnaires (FAR) en 1985 et devient un dirigeant local des Jeunesses communistes. Dans ce contexte, il part en "mission internationaliste" au Nicaragua sandiniste (1987-1989), selon Le Monde.
- Expérience
Dès son retour de voyage, il commence son ascension dans le parti. Cet homme de 60 ans, aux cheveux gris, à la voix éraillée et sans grand talent oratoire, a fait toute sa carrière au sein du parti communiste, suivant scrupuleusement chacune des étapes pour accéder au poste suprême.
Peu connu du grand public auparavant, il a été chef du parti en province - "où il y gagne une réputation de jeune cadre cool, populaire parmi ses administrés", note Le Monde - ministre de l'Enseignement supérieur puis vice-président en 2013 avant d'être désigné président par les députés, eux-mêmes sélectionnés par le parti unique.
Désormais, il devient aussi premier secrétaire du parti, avec comme lourde tâche d'affirmer sa propre légitimité au moment où Cuba affronte sa pire crise économique en trente ans, sous l'effet de la pandémie et des sanctions américaines.
Raúl Castro part avec le sentiment du devoir accompli et la conviction que sa continuité est assurée. "J'ai la satisfaction de transmettre la direction du pays à un groupe de dirigeants préparés, aguerris par des décennies d'expérience au sein du parti, et qui défendront l'éthique et les principes de la révolution", a-t-il déclaré.
- Traits de caractère
Difficile d'avoir une bonne analyse de son caractère tant Miguel Diaz-Canel soigne sa réputation. "Nous avons parlé de nombreuses fois", se souvient Harold Cardenas, analyste politique et directeur du média en ligne La Joven Cuba. Quand ce dernier a été menacé de fermeture en 2013, "il est venu nous voir, s'est fait prendre en photo avec nous et nous a soutenus publiquement". A cette occasion, "nous avons connu de près le Diaz-Canel conciliant, qui comprend la technologie". Mais "difficile de voir le Diaz-Canel conciliant face à Trump, qui a mené pendant quatre ans la politique probablement la plus agressive envers Cuba en 60 ans", concède Harold Cardenas.
Dans le souci de soigner son image, il n'a accordé qu'une seule interview à un média étranger, la chaîne vénézuélienne Telesur. Il a aussi voulu montrer un visage plus humain aux côtés de son épouse Lis Cuesta, qui occupe une fonction de Première dame inédite depuis la révolution.
Père de deux enfants d'un premier mariage, il est décrit comme simple et abordable par ses partisans, qui assurent qu'il "sait écouter". Sur le fond, "c'est un homme radical", tranche le professeur et ex-diplomate cubain Carlos Alzugaray : "Presque toute sa carrière a été au sein du parti, et non du gouvernement. Il est sur le plan de la lutte politique, idéologique".
- Loisirs
A son arrivée à la présidence en avril 2018, on a beaucoup écrit sur sa manière de se déplacer à vélo quand il travaillait en province, ses jeans, sa passion pour les Beatles, son usage des tablettes numériques...
