"Bienvenue en enfer!" C'est avec ces mots, en anglais, que les touristes ont été accueillis ce lundi à l'aéroport international de Rio par des policiers brésiliens. A l'aide de plusieurs banderoles, une centaine de membres des forces de l'ordre ont souhaité interpeller les voyageurs sur leurs conditions de travail et leurs salaires à un mois du coup d'envoi des Jeux olympiques (5-21 août). Quitte à leur faire peur.

Sur d'autres pancartes étaient ainsi inscrit: "Les policiers et les pompiers ne sont pas payés. Celui qui vient à Rio n'est pas en sécurité." Ils avaient également disposé par terre des mannequins en uniforme pour représenter les 54 policiers tués à Rio de Janeiro, tandis qu'une pancarte prévenait: "Ne vous inquiétez pas, 54 policiers seulement ont été tués en cette année olympique."

Une policière, du faux sang barbouillé sur le visage et les mains, tenait un mannequin revêtu d'un T-shirt où il était inscrit "SOS police". La police de Rio manifeste depuis la semaine dernière contre le retard des salaires qui dure depuis au moins deux mois et le manque de matériel. Ces actions ont fortement irrité les autorités.

Un plan de sauvetage de près de 800 millions d'euros

Pour le maire de Rio, Eduardo Paes: "Je respecte les forces policières, mais il manque un minimum de commandement". A quelques semaines des JO, l'Etat régional de Rio traverse une grave crise budgétaire. Un plan de sauvetage a été autorisé par le gouvernement la semaine dernière pour débloquer près de 800 millions d'euros et les salaires en retard des fonctionnaires devraient être payés cette semaine.

A Rio, si les installations sportives sont prêtes, la sécurité est l'objet de craintes croissantes. Plus de 65 000 policiers et 20 000 soldats seront mobilisés pour la sécurité des JO. Soit le double des effectifs des jeux de Londres en 2012.