"J'ai claqué beaucoup d'argent dans l'alcool, les filles et les voitures de sport - le reste, je l'ai gaspillé." La célèbre citation du footballeur nord-irlandais George Best semble avoir été écrite pour l'Argentin Diego Maradona, décédé le 25 novembre dernier à l'âge de 60 ans. Entré dans "le temps additionnel", l'ancien prodige du ballon rond occupe encore la Une des médias argentins, qui suivent par le menu les révélations liées à son impossible héritage. Avec une dizaine d'enfants - dont cinq reconnus officiellement - issues de six unions, l'affaire s'annonce complexe.

Ferrari, smokings et pyjama avec imprimé tigre

Eparpillés aux quatre coins du monde(Dubaï, Monaco, en Biélorussie, au Mexique, à Cuba, en Argentine), ses biens composent un bric-à-brac comprenant plusieurs BMW, deux Ferrari, une Porsche,une Rolls-Royce "Ghost", un véhicule amphibie blindé Overcomer Hunta, un camion Scania, un maillot de l'équipe du Brésil dédicacé par l'ensemble de la Seleção, un ballon en platine de la Fifa, des smokings, un pyjama à imprimé tigre, des montres, une lettre de Fidel Castro et bien d'autres autographes encore, rédigés par d'innombrables personnalités. Sans oublier de nombreux comptes en banque.

Estimé à environ 10 millions de dollars - une paille,comparé aux sommes dépensées de son vivant -, l'ensemble vient de s'enrichir d'un hôtel à La Havane offert par le dirigeant de Cuba, comme l'ont fait savoir les autorités de l'île où le "Pibe de oro (Gamin en or)" a suivi des cures de désintoxication. Le bâtiment pourrait être transformé en musée Maradona dans la capitale cubaine, qui abrite par ailleurs un musée Napoléon.

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Devant ce pactole, les cinq enfants légitimes, son ex-épouse et certaines anciennes compagnes ont provisoirement scellé une union sacrée contre Matias Morla, l'avocat du joueur, qui affirme détenir les licences d'exploitation d'une trentaine de marques déposées, dont "Diego Maradona","Diego", "D10S" (qui se lit "Dios", soit Dieu) ou encore "La Mano de Dios (la main de Dieu)", en référence à son fameux but de la main contre l'Angleterre en 1986. La famille ne compte pas en rester là. Ni les trois enfants nés à Cuba qui entendent officialiser leur lien de parenté grâce à des prélèvements ADN effectués en 2019. Le match, avec des avocats dans chaque camp, sera serré.