Jusqu'à présent, Kamala Harris était surtout connue de ses compatriotes californiens. Mais l'audition-spectacle de James Comey devant une commission du Sénat, jeudi, est apparue pour certains observateurs comme une belle rampe de lancement à l'échelon national pour la sénatrice de Californie.

"Elle prétend ne pas être intéressée par la présidentielle, mais d'aucuns ont pourtant eu cette impression après sa brillante performances télévisée", analyse Politico.

A 52 ans, cette fille d'immigrants indiens et jamaïcains est devenue la première sénatrice de Californie issue des minorités, en novembre dernier. Illustration de l'évolution du Golden state, elle affrontait une autre femme, également démocrate, d'origine mexicaine, Loretta Sanchez: le parti républicain y est si faible qu'il a été éliminé dans une primaire non partisane.

Des atouts pour séduire la gauche du parti démocrate

Soutenue par l'establishment démocrate, l'ex-ministre de la Justice a de nombreux atouts pour séduire l'aile gauche du parti, estime Politico. "La tendance qui monte au sein du Parti démocrate, après la défaite d'Hillary Clinton l'automne dernier, est "la fraîcheur, la nouveauté et le piquant", selon Wade Randlett, un donateur démocrate, cité par le magazine. "Kamala coche toutes les cases'', selon lui.

Kamala Harris est la fille d'un économiste jamaïcain, professeur à Stanford, et d'une oncologue arrivée du Tamil Nadu (sud de l'Inde) à l'âge de 19 ans pour étudier à Berkeley.

Opposante résolue à l'administration Trump

La sénatrice s'est montrée pugnace, jeudi, lors de l'audition de Comey. Elle l'a été depuis son investiture et apparaît comme une opposante résolue de Donald Trump. Elle fut l'une des rares élus du Sénat à voter contre la confirmation de John Kelly au ministère de l'Intérieur. La sénatrice à la tête de l'Etat qui compte le plus de sans-papiers avait interpellé le militaire sur le problème des jeunes issus de l'immigration vivant depuis leur enfance aux Etats-Unis, les Dreamers. Elle s'était opposée à sa confirmation face au refus de ce dernier de garantir qu'ils ne seraient pas expulsés.

Jeudi, alors qu'elle interrogeait avec pugnacité le numéro deux du département de la Justice, elle a été interrompue par le président de la commission du renseignement, le républicain Richard Burr, dans un geste qui a pu apparaître comme sexiste, selon le Los Angeles Times. La viralité de la scène lui a offert une belle publicité.