Anti-élite, nationaliste et protectionniste. Long d'une quinzaine de minutes, le premier discours de Donald Trump comme président des Etats-Unis, ce vendredi, a repris la plupart des grands slogans populistes de sa campagne. Le milliardaire venait quelques secondes plus tôt de prêter serment, succédant à Barack Obama.

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L'homme d'affaires a d'abord remercié son prédécesseur et sa femme, "formidables" pendant la passation de pouvoir. Mais il n'a eu aucun mot pour sa rivale de l'élection, Hillary Clinton. Avec des accents clairement anti-élite, il a promis de "transférer le pouvoir de Washington vers le peuple".

"Le peuple a payé le prix d'un pouvoir confisqué par une petite élite à Washington. (...) Les politiciens prospèrent mais les emplois disparaissent et les usines ferment, a-t-il ajouté. Nous n'accepterons plus les politiciens qui parlent sans rien faire, qui se plaignent sans rien faire pour que cela change. L'époque des discours est terminée, maintenant arrive le temps de l'action."

"Forger de nouvelles" alliances

Donald Trump a réaffirmé une idée qu'il défendaient déjà dans les années 80: celle selon laquelle l'Amérique devrait cesser de "subventionner les armées d'autres pays". De quoi changer la donne pour l'Otan ou des alliés comme la Corée du Sud. Il a également promis de "renforcer les vieilles alliances et d'en forger de nouvelles", sans autre précision. Et d'ajouter: "Et unifier le monde civilisé contre le terrorisme islamique radical, que nous allons éradiquer complètement de la surface de la Terre".

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Le nouveau leader des Etats-Unis a ensuite répété que dorénavant, ce serait "l'Amérique d'abord" ("America First"). Soit le slogan et le nom du parti ("America First Committee") qui souhaitait que les Etats-Unis ne rejoignent pas la Seconde Guerre mondiale.

"Acheter américain, embaucher américain"

"A compter de ce jour, une nouvelle vision va gouverner notre pays, a-t-il lancé, confirmant sa volonté d'être un président protectionniste. Nous devons protéger nos frontières de ceux qui volent nos entreprises et nos emplois. (...) Nous allons suivre deux règles simples: acheter américain, embaucher américain."

Avant de clore son discours par le traditionnel "Dieu bénisse les Etats-Unis d'Amérique", le nouveau président s'est voulu rassembleur. "Que nous soyons blancs ou noirs, nous avons tous le même sang de patriotes. Nous saluons tous le même grand drapeau américain, a-t-il déclaré. Les hommes nés à Détroit ou dans le Nebraska regardent le même horizon, le même ciel." Pas sûr que cela suffise à remonter une côte de popularité historiquement basse pour une arrivée à la Maison Blanche.