Les manifestations déclenchées par la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier Blanc alors qu'il était désarmé, se sont propagées d'abord au reste des Etats-Unis, et ensuite dans de nombreux pays. Signe d'un malaise profond qui dépasse le domaine des violences policières, cette colère met en évidence les inégalités raciales. Malgré l'élection du premier président noir en 2008, la condition des Afro-Américains est encore loin d'être paritaire à celle des Blancs.
Le nombre d'Américains tués par la police est étonnamment stable depuis quelques années : autour de 1000, selon un décompte du Washington Post. Les Noirs, qui représentent un septième des Américains, sont surreprésentés parmi ces victimes. Leur distribution géographique est encore tributaire de l'histoire du pays, avec une plus forte densité dans les Etats du Sud-Est.
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Cette surreprésentation de la mortalité due aux violences policières est particulièrement forte chez les jeunes Afro-Américains. Une étude a montré que chez les 25-29 ans, être tué par un policier représente même une cause de mortalité importante, la sixième après l'abus de stupéfiants, le suicide, le cancer...

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Loin d'être un ressenti des seuls Afro-Américains, les disparités de traitement font l'objet de nombreux sondages et études, où l'on remarque qu'une majorité de Blancs, aussi, pensent que la police et la justice traitent de façon inégale selon la couleur de la peau. Si l'on observe la sensibilité politique des interviewés, la polarisation démocrates/républicains est très marquée.
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Par ailleurs, un Américain sur sept se déclare Noir... mais cette proportion augmente sensiblement à chaque fois qu'on a affaire à la police ou à la justice.

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Etroitement liées à la criminalité, les différences de ressources entre les communautés jouent un rôle décisif : le patrimoine médian des Noirs est dix fois inférieur à celui des Blancs. Pire, cet écart s'est creusé depuis les années 1960, qui ont vu les mouvements des droits civiques s'affirmer et mettre fin à la ségrégation raciale.
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Autre indicateur des inégalités de richesse, le taux de propriétaires reste largement inférieur à celui des Blancs : c'est la minorité Noire qui est la plus tributaire d'un loyer à payer à la fin du mois.

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Le problème des meurtres par la police doit être mis en corrélation avec la doctrine judiciaire américaine, qui se base sur un emprisonnement massif, le plus élevé au monde...

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... Et parmi ces prisonniers, malgré les efforts faits ces dernières années, le ratio est encore d'un Blanc pour cinq Noirs détenus.

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