Le calme revient progressivement à Baltimore. Depuis l'annonce de la mort d'un jeune Noir, Freddie Gray, décédé après son arrestation musclée par la police, des manifestations ont lieu quotidiennement dans la ville du Maryland.

Celle qui a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi a, comme les précédentes, dégénéré. Retour sur ce nouvel épisode de violences policières aux Etats-Unis.

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Quelles sont les circonstances de la mort de Freddie Gray?

Le 19 avril, Freddie Gray est décédé des suites d'une fracture des vertèbres cervicales une semaine après son interpellation à Baltimore, qui compte plusieurs quartiers sensibles. Ce décès est le dernier d'une série de bavures policières qui ont ravivé les tensions entre la communauté noire et les forces de l'ordre.

Plusieurs enquêtes ont été lancées pour élucider les circonstances des blessures de Freddie Gray, sans conclusions. La police de Baltimore a toutefois convenu que le jeune homme aurait dû recevoir une assistance médicale après son arrestation.

Comment ses funérailles ont-elles dégénéré?

La sépulture du jeune homme avait lieu lundi 27 avril à Baltimore. Elle a pris une tournure politique avec l'intervention de l'avocat de la famille, Billy Murphy, très applaudi: "Nous sommes ici pour Freddie Gray, mais aussi parce qu'il y a beaucoup de Freddie Gray".

Juste après les funérailles de Freddie Gray, des bandes de jeunes, essentiellement des lycéens qui venaient de sortir de l'école, ont pris à partie la police en lançant toute sorte de projectiles: briques, caillous, bâtons, bouteilles... Plusieurs supermarchés ont été pillés et incendiés tout comme des voitures, y compris de la police.

Le président américain Barack Obama a été informé de la situation.

Combien y a-t-il eu de blessés?

Les violences, circonscrites dans un quartier du nord-ouest de la ville, ont fait 15 blessés parmi les policiers, dont six ont été touchés plus grièvement, a précisé le chef de la police de Baltimore, Anthony Batts, lors d'une conférence de presse peu avant minuit.

"Ils vont tous se remettre mais ils ont été gravement blessés par les projectiles", a-t-il encore souligné. Plusieurs reporters ont également été attaqués et se sont fait voler du matériel.

Vingt-sept personnes ont été arrêtées, mais la police a promis de passer au peigne fin les vidéos des caméras de sécurité et autres pour mettre la main sur les auteurs des violences.

Comment restaurer l'ordre?

Face à des forces de l'ordre débordées, les autorités ont décidé d'appeler en renfort des milliers de policiers de la région ainsi que les soldats de la garde nationale du Maryland.

La maire de la ville Stephanie Rawlings-Blake a aussi annoncé l'instauration d'un couvre-feu mardi à partir de mardi 22h jusqu'à 5h tous les jours pour une semaine.

De plus, Baltimore a décidé de fermer toutes ses écoles ce mardi, selon une porte-parole de la ville, au risque de se retrouver avec de nombreux jeunes désoeuvrés et à nouveau prêts à en découdre. La police de Baltimore a en effet reçu une "menace crédible" de gangs locaux qui auraient "noué un partenariat pour 'éliminer' des policiers".

Le gouverneur du Maryland, Larry Hogan, avait déclaré un peu plus tôt l'état d'urgence "pour restaurer l'ordre" dans cette ville de 620 000 habitants située à une soixantaine de km de la capitale fédérale.

Comment s'organisent les forces de l'ordre?

La garde nationale, qui est une force paramilitaire, va faire l'objet d'un déploiement "massif", a confirmé lors d'une autre conférence de presse la générale de cette force, Linda Singh.

Une partie des soldats était déjà en ville dans la nuit de lundi, a précisé le chef de la police, expliquant que ces renforts devaient servir essentiellement à monter la garde dans les zones sécurisées par la police de la ville.

Un responsable de la police du Maryland a indiqué en outre que l'Etat avait requis jusqu'à 5500 hommes supplémentaires en renfort.