Démission d'un ministre britannique accusé d'intimidation

Un membre du gouvernement britannique, Conor Burns, réputé proche de Boris Johnson, a démissionné après avoir été accusé d'avoir abusé de sa fonction de député pour tenter d'intimider une personne avec laquelle il avait un litige, a annoncé Downing Street ce lundi.

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Dans une missive utilisant du papier à lettre du Parlement, Conor Burns, député de Bournemouth West, dans le sud de l'Angleterre, avait tenté d'obtenir le versement d'un paiement à son père en menaçant le plaignant de soulever l'affaire à la Chambre des Communes, selon les conclusions de l'enquête parlementaire. Il avait averti du risque d'"une expérience potentiellement désagréable", est-il précisé. "Conor Burns a démissionné de son poste de secrétaire d'État au commerce international à la suite du rapport de la responsable de la commission parlementaire chargée des normes", a déclaré un porte-parole de Downing Street suite à la publication de ce rapport, qui recommande une suspension de sept jours du Parlement.

Le comité parlementaire a conclu que Conor Burns avait "utilisé sa position parlementaire pour tenter d'intimider un citoyen (...) dans un différend relatif à des intérêts familiaux purement privés qui n'avaient aucun lien avec les fonctions parlementaires de Conor Burns". Le député a "persisté à faire des menaces voilées" envers le plaignant pendant l'enquête. Il avait finalement présenté ses excuses et reconnu ses torts dans une lettre adressée au comité.

L'autobiographie de Woody Allen paraîtra en France le 3 juin

L'autobiographie du réalisateur américain Woody Allen, Soit dit en passant, paraîtra finalement en français le 3 juin, a-t-on appris ce lundi auprès des éditions Stock. Le livre, traduit en français par Marc Amfreville et Antoine Cazé, était initialement prévu pour le 29 avril puis avait été repoussé au 13 mai en raison de l'épidémie de coronavirus.

Le livre du réalisateur de Meurtre mystérieux à Manhattan est sorti aux États-Unis le 23 mars (chez Arcade Publishing) après maints rebondissements. Son éditeur traditionnel, Grand Central Publishing (une filiale du groupe Hachette) a refusé de le publier après des protestations de certains de ses employés et de Ronan Farrow, le fils du cinéaste.

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En cause, les accusations portées par la fille adoptive du metteur en scène, Dylan Farrow, qui affirme avoir été abusée sexuellement par Woody Allen en 1992, alors qu'elle était âgée de 7 ans. Le cinéaste, âgé de 84 ans, a toujours réfuté ces accusations. Woody Allen n'a fait l'objet ni de mise en examen, ni de jugement, mais sa réputation a été sérieusement ternie aux États-Unis en raison de cette affaire. Son dernier film, Un jour de pluie à New York a pu sortir en France mais pas aux États-Unis.

Soit dit en passant est le récit exhaustif de la vie, à la fois personnelle et professionnelle, de Woody Allen, et revient sur sa carrière au cinéma, à la télévision, sur la scène des clubs ainsi que sur son travail d'écrivain, affirme son éditeur. "Il n'y a rien de sulfureux dans le livre", a confié récemment au journal Le Monde Manuel Carcassonne, patron des éditions Stock en rappelant que la justice a "entièrement innocenté par deux fois" le cinéaste. "Il n'y a aucun problème juridique ni moral à le publier et à le soutenir", a-t-il dit.

Enquête pour des accusations de "tortures" à Mantes-la-Jolie

Un juge va enquêter sur des accusations de "torture par personne dépositaire de l'autorité publique", six mois après la plainte de l'un des jeunes interpellés à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, fin 2018, lors de heurts en marge de contestations lycéennes, a-t-on appris ce lundi de sources concordantes. Âgés de 12 à 21 ans, 151 jeunes avaient été mis à genoux, tête baissée, mains sur la tête et tenus en respect par des policiers, certains pendant plusieurs heures. "Voilà une classe qui se tient sage", avait commenté un policier filmant la scène, dont la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux avait provoqué un tollé.

La plupart de ces jeunes avaient été placés en garde à vue puis relâchés avec un rappel à la loi. Cette ouverture d'information judiciaire fait suite à la plainte avec constitution de partie civile déposée contre X début décembre 2019 par l'un des jeunes, a expliqué son avocat Arié Alimi. La désignation d'un juge d'instruction a été requise en mars par le parquet de Nanterre, a précisé ce dernier.

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L'enquête est également ouverte pour "torture sur mineur de 15 ans, atteinte arbitraire à la liberté par personne dépositaire de l'autorité publique, violence aggravée" et "diffusion sans son accord d'une personne identifiable menottée et mise en cause pénalement", a ajouté le parquet. Après les faits, plusieurs familles et le syndicat lycéen UNL avaient aussitôt porté plainte pour "violences policières" mais l'enquête préliminaire, confiée à l'IGPN, la "police des polices", avait débouché sur un non-lieu en juillet 2019.

L'UNL et un collectif de familles avaient donc décidé de redéposer plainte avec constitution de partie civile pour obtenir l'ouverture d'une instruction. C'est désormais chose faite pour au moins l'un des plaignants. "La première chose qu'on va demander, c'est l'audition des 151 lycéens en qualité de témoins", a indiqué Me Alimi, qui défend les intérêts d'une quinzaine d'entre eux.