Il régnait une certaine confusion, jeudi soir, autour du sort de Cesare Battisti au Brésil. Arrêté en soirée par la police fédérale à Embu das Artes, dans l'Etat de Sao Paulo, il a finalement été ramené à son domicile tôt ce matin après une procédure lancée par ses avocats.
Reste que l'écrivain italien et ancien militant d'extrême gauche, condamné par contumace en 1993 à la prison à perpétuité par la justice de son pays pour des meurtres commis dans les années 70 -ou années de "plomb" du terrorisme- est dans l'attente d'une décision sur son expulsion.
"En situation irrégulière"
Réclamé par l'Italie, il est également aux yeux du Brésil "un étranger en situation irrégulière qui, en tant que criminel condamné dans son pays pour meurtre, n'a pas le droit de rester", avait statué la juge Adverci Mendes de Abreu. Son expulsion avait ainsi été ordonnée le 3 mars dernier, contre l'avis de la Cour suprême, par une juge fédérale.
Sauf que dans la nuit de jeudi à vendredi, après son arrestation, son avocat a obtenu un habeas corpus, une procédure qui énonce la liberté fondamentale de ne pas être emprisonné sans jugement. Il a donc été ramené à son domicile, "libre comme n'importe quel citoyen, et nous allons présenter un recours devant le tribunal régional fédéral" de Brasilia, a expliqué l'avocat.
Cesare pourrait être expulsé non pas en Italie mais au Mexique voire en France, selon la juge qui notait qu'il s'est rendu dans le premier pays après voir fui l'Italie et avant de se réfugier au Brésil en 2004.