Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé ce mercredi des peines de quatre à six mois de prison avec sursis contre onze jeunes gens jugés pour avoir participé au cyberharcèlement de Mila, après la publication par l'adolescente d'une vidéo critique sur l'islam. Un autre prévenu a bénéficié d'un vice de procédure et un dernier a été relaxé faute de preuves.

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Les treize prévenus étaient âgés de 18 à 30 ans, pour la plupart sans antécédents judiciaires, athées ou de toutes confessions. Ils comparaissent pour harcèlement, parfois accompagné de menaces. Mila a reçu, au total selon son avocat Richard Malka, quelque "100 000 messages" haineux. Les prévenus encouraient jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.

"On a gagné et on gagnera encore"

"On a gagné et on gagnera encore. Je ne veux plus jamais qu'on fasse culpabiliser les victimes", a affirmé Mila à la sortie du tribunal. Plusieurs prévenus ont été condamnés en outre à verser à la jeune femme la somme de 1500 euros en raison des souffrances qu'elle a endurées et à 1000 euros chacun pour les frais d'avocats.

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"Nous vous considérons responsables des dommages causés à Mila", a souligné le président de la 10e chambre correctionnelle, Michaël Humbert, en rendant son jugement. "Le réseau social, c'est la rue. Quand vous croisez quelqu'un dans la rue, on s'interdirait d'insulter quelqu'un, de le menacer, de se moquer. Ce que vous ne faites pas dans la rue, ne le faites pas sur les réseaux sociaux", a insisté le magistrat.

A l'audience, le parquet avait requis des peines de prison avec sursis contre douze des prévenus et sollicité la relaxe d'un treizième. Les onze jeunes gens condamnés, âgés de 18 à 29 ans, étaient jugés pour avoir diffusé quelques-uns des milliers de messages de haine et des menaces de mort contre Mila.

L'adolescente, alors âgée de 16 ans et demi, avait en janvier 2020 répondu à des injures sur les réseaux sociaux sur son orientation sexuelle par le biais d'une vidéo véhémente sur l'islam mais "dans les strictes limites" de la liberté d'expression, selon le procureur. Cible d'un "raz-de-marée de haine", Mila avait été contrainte de quitter son lycée et de vivre sous protection policière. Elle s'était attirée une nouvelle salve de menaces après la publication d'une seconde vidéo polémique, le 14 novembre dernier.