Jean-Pierre Otte aime le coït. En particulier chez les insectes, les habitants de la mare ou des sous-bois. Avec lui, le jardin devient lupanar, la rivière un boudoir et le monde un joyeux foutoir. Cette fois, il plonge en eaux profondes. Et passe en revue les moeurs de l'oursin, de l'huître, de l'étoile de mer, de la crevette, des coques, des couteaux, des bigorneaux, des troques et des buccins. On apprendra que la seiche mâle, après une longue parade nuptiale, accumule dans sa cavité centrale une semence nombreuse, la puise ensuite à l'aide de l'un de ses tentacules qui va se détacher pour aller se loger dans la cavité de sa compagne. Les oursins, eux, aiment les jeux de l'amour et du hasard: au cours de leur marivaudage, ils émettent des gamètes qui naviguent jusqu'à la femelle au gré des courants. Les moules mâles ne projettent pas leurs gamètes mais les femelles, Betty Boop aussi salées que dessalées, font vibrer les cils de leurs branchies pour attirer les fils spermatiques. De septembre à mai, les huîtres sont mâles et élaborent du sperme, mais, à partir de juin, leurs ovaires bourgeonnent et s'engorgent d'ovules blanchâtres. Si la langouste et le homard sont les seuls à adopter la position dite du missionnaire, les escargots de mer disposant à la fois d'un pénis et d'une fente jouissent de pénétrer et d'être pénétré. Un double bonheur.