L'escrime possède elle aussi son serpent de mer. Il est en Plexiglas et alimente depuis des années les conversations le long des pistes. Obligatoire depuis le 1er janvier - décision déjà suspendue le 30 - le masque à visière transparente a un mal fou à détrôner le bon vieux masque métallique grillagé. La mobilisation des athlètes, rendus inquiets par plusieurs visières fendues et par les doutes sur les normes de sécurité exprimés par les fabricants eux-mêmes, a une nouvelle fois réussi à reporter sa mise en application.
«On a voulu aller trop vite: la Fédération internationale d'escrime aurait dû se donner les moyens de respecter ses échéances, en créant par exemple une cellule de recherche, estime Philippe Omnès, ancien champion olympique de fleuret, devenu directeur technique national de l'escrime. L'escrime doit évoluer, mais en assurant la sécurité de ses athlètes. On a voulu passer en force sans tenir compte de leurs réticences.» Les chaînes de télévision avaient fait pression sur le Comité international olympique afin que le masque en Plexiglas soit adopté: plus médiatique, il permet de saisir les émotions des tireurs. Contrairement à ces voeux, la nouvelle visière ne sera sans doute pas opérationnelle pour les Jeux de Sydney, en septembre prochain. Mais l'escrime sait qu'un jour ou l'autre il lui faudra franchir le pas. Sinon, la «famille» olympique pourrait bien la bannir. Pour manque de transparence.