Présente depuis 1994 en Afrique du Sud, l'Agence française de développement (AFD) teste sur le terrain de nouvelles pratiques d'aide. «L'un des freins à l'émergence d'une économie noire est l'absence d'historique bancaire en matière de crédit», explique Vincent Rousset, représentant de l'agence à Johannesburg. L'AFD n'hésite donc pas à donner des coups de pouce financiers à des projets considérés comme risqués. C'est le cas, par exemple, de l'association de taxis de Zenzeleni, qui a dû emprunter 85 000 euros pour racheter la station-service de Khayelitsha (voir ci-contre): l'organisme français a apporté sa garantie afin de faciliter la transaction. De même, l'AFD, qui a engagé 460 millions d'euros entre 1994 et la mi-2005 en Afrique du Sud, a contribué, l'an dernier, au financement de l'une des plus importantes opérations BEE (voir l'encadré) du pays (9 milliards d'euros): elle a permis l'entrée de fonds «noirs» au capital de la FirstRand, deuxième banque du pays.