C'est un rapport qui fait du name and shame sa signature. Si l'on veut réduire les émissions globales de CO2 afin de rester dans les objectifs de l'Accord de Paris de 2015, sachez que tous les efforts du monde ne seraient pas suffisants, à cause de... seulement une poignée de sites d'extraction de pétrole et de gaz, ou des mines de charbon. L'idée émerge d'un rapport publié sur Energy Policy, qui liste les extractions de combustibles fossiles les plus nocives pour le réchauffement climatique.
Les chercheurs ont donc trouvé le surnom de "bombes carbone" pour définir ces activités extractives qui, si leur exploitation devait aller au bout des ressources, libéreraient chacune un milliard de tonnes de CO2 (une gigatonne) dans l'atmosphère. Pour comparaison, la France tout entière émet 552 millions de tonnes de CO2 par an.

Infographie
© / Dario Ingiusto / L'Express
Les "bombes carbone" ne sont pas toutes en activité, loin de là. Mais les sites non encore exploités pourraient même doubler les émissions globales de CO2, raison pour laquelle les chercheurs militent pour laisser enfouis dans le sol les combustibles fossiles, en écho à la campagne "Leave it on the ground".

Infographie
© / Dario Ingiusto / L'Express

Infographie
© / Dario Ingiusto / L'Express
Si ces sites et leur surnom peu flatteur représentent la partie la plus visible du problème des émissions de CO2, le sujet est plus vaste, et concerne la pérennité même de l'utilisation des combustibles fossiles. En effet, les "bombes carbone", aussi dévastatrices qu'elles soient en termes d'émissions, ne représentent que la moitié de la production d'hydrocarbures à l'échelle du monde. Le rapport indique donc que c'est l'extraction elle-même de combustibles fossiles qui ne serait pas viable à long terme pour lutter contre le réchauffement climatique.

Infographie
© / Dario Ingiusto / L'Express
Source : K. Kühne et alii, Carbon Bombs - Mapping key fossil fuel projects, Energy Policy, 2022
