Noyée dans le flux des plans gouvernementaux successifs, la création du contrat nouvelles embauches (août 2005) marque une étape. Une vraie inflexion dans la politique de discrimination positive en faveur des PME. En effet, c'est la première fois qu'une mesure est focalisée sur la tranche de 0 à 20 salariés. Avec quelque succès puisque près de 600 000 CNE ont été signés pendant la première année d'existence du nouveau CDI assorti d'une "période d'essai" de deux ans. Une embauche sur dix dans une TPE est une embauche en CNE. Enhardis par ce succès - dont personne ne sait s'il sera définitif car les CNE en question ne seront pas tous consolidés -, Dominique de Villepin et ses ministres persistent et signent. Coup double : leur Smic "light" est réservé lui aussi aux moins de 20 salariés. Mais, de manière concomitante, une batterie de mesures destinées aux "gazelles" donne un véritable statut aux entreprises de croissance.
En concentrant sa sollicitude sur la tête et sur la queue du peloton des PME - les fringantes gazelles d'un côté et les petites souris de l'autre -, le gouvernement fait évidemment des mécontents. Entre la politique destinée aux PME très performantes et celle destinée aux PME très fragiles, il y a comme un chaînon manquant. Et le risque de redoutables effets pervers. Le Medef demande que le bénéfice du CNE soit étendu aux PME jusqu'à 50 salariés et la CGPME réclame un statut de la PME en général. Mais peut-on vraiment quelque chose contre la tradition française de l'usine à gaz ?
Le gouvernement concentre (trop ?) ses efforts sur les "gazelles". On pourrait espérer que les mesures prévues profitent à toutes les PME, et pas seulement aux premières de la classe.