Les députés UMP ont eux la primeur de la nouvelle ce matin : si la taxe carbone n'est pas " abandonnée ", elle est ajournée et conditionnée à un vote européen. S'adressant aux députés de la majorité, François Fillon s'est justifié en indiquant que la taxe se devait d'être européenne " pour ne pas plomber la compétitivité des entreprises françaises. " Conséquence, il n'y aura pas de taxe carbone au 1 juillet 2010, comme cela été prévu après la censure cet hiver du Conseil Constitutionnel.
La déclaration du Premier ministre a été très bien accueillie par la CGPME, qui se félicite de cette décision. " Nous estimons que tout avait été fait dans la précipitation, sans consulter l'ensemble des acteurs ", dénonce Benoit Defoug, vice-président de la CGPME. " Nous étions plutôt hostiles à l'idée d'une taxe supplémentaire qui reposait uniquement sur les entreprises (NDLR : et les ménages). C'est à l'Etat de prendre ses responsabilités, de mettre de l'argent sur la table pour accélérer la croissance verte ", explique-t-il.
Plus tôt dans la journée, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand avait en quelques sortes déblayé le terrain, annonçant que la taxe carbone ne pourrait être appliquée en France que lorsque les 27 pays de l'Union se seraient mis d'accord. Un consensus qui semble aujourd'hui loin d'être acquis, tant les divergences sont nombreuses au sein même des différents pays. A défaut d'un accord européen, la taxe carbone pourrait donc bien être totalement abandonnée.
Egalement appelée " contribution climat-energie ", la taxe carbone avait été discutée au Parlement à l'automne dernier. Nicolas Sarkozy en avait même fixé le montant à 17? par tonne de Co2 émise. Or le Conseil Constitutionnel a retoqué le texte en décembre dernier, estimant que la mesure " rompait le principe d'égalité devant l'impôt ". Avec en ligne de mire, l'exonération dont faisait l'objet la majorité des grands groupes industriels, par ailleurs les plus polluants.