Déclarer ses revenus va vraiment finir par être un jeu d'enfants ! Chaque année, l'administration fiscale fait un pas de plus vers l'automatisation des déclarations et la simplification des démarches pour les 38,5 millions de foyers fiscaux. Parmi les nombreuses nouveautés du millésime 2021, il en est une qui est passée relativement inaperçue : le choix entre les deux fiscalités applicables à vos revenus de capitaux mobiliers, autrement dit aux gains issus de vos placements, est très largement facilité.

Pour ces gains (intérêts, dividendes, assurance-vie, plus-values sur actions, etc.), en effet, deux options s'offrent à vous chaque année : soit le prélèvement forfaitaire unique (PFU), encore appelé flat tax, qui s'élève à 30 % (12,8 % d'impôts et 17,2 % de prélèvements sociaux), soit la taxation à l'impôt sur le revenu dans votre tranche d'imposition (11 %, 30 %, 41 % ou 45 % + les 17,2 % de prélèvements sociaux). Le jeu consiste bien sûr à choisir la solution qui vous est la plus favorable, sachant que quand vous aurez pris votre décision, la fiscalité retenue s'appliquera à l'ensemble de vos placements. Vous ne pouvez pas, par exemple, choisir la taxation de vos dividendes au PFU et celle de vos intérêts dans votre tranche d'impôt sur le revenu. C'est l'un ou l'autre pour l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers. Si vous ne faites rien, le PFU de 30 % s'appliquera par défaut. Pour être taxé à l'impôt sur le revenu, il faut expressément cocher la case 2OP dans votre déclaration.

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"La plupart du temps, c'est la taxation à la flat tax de 30 % qui sera la plus intéressante, sauf pour ceux qui sont soumis à l'impôt sur le revenu dans la tranche basse de 11 %", explique Marion Capèle, directrice du pôle solutions patrimoniales chez Natixis Wealth Management. Pour eux, "la taxation finale au barème ressort en effet à 27,46 % (11 % + prélèvements sociaux de 17,2 % - fraction déductible de CSG), contre les 30 % pour le PFU", calcule Christine Valence, ingénieur patrimonial chez BNP Paribas banque privée. Dans certaines autres situations, notamment pour les chefs d'entreprise ou les détenteurs d'actions anciennes qui bénéficient encore d'abattements pouvant aller jusqu'à 65 % sur leurs plus-values, le choix était difficile et il fallait se livrer à toute une série de calculs sur l'ensemble des revenus de ses placements.

Ce temps est désormais révolu et c'est l'une des grandes nouveautés pour 2021, puisque c'est l'administration fiscale ou plutôt son algorithme qui va procéder au calcul ! "Quand vous remplirez votre déclaration en ligne cette année, avant de la valider, l'administration vous dira laquelle des deux fiscalités vous est la plus favorable et vous aurez tout loisir de corriger votre déclaration en conséquence", explique à L'Express la direction générale des Finances publiques. Pour ceux qui font encore des déclarations "papier", il faudra en revanche faire ses calculs sur le site des impôts et cocher ou pas la case 2OP (précochée pour ceux qui avaient opté pour l'impôt sur le revenu l'an dernier). Une raison supplémentaire pour passer à la déclaration en ligne !

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