Un article issu du Hors-Série de L'Express spécial Franchise en kiosques depuis ce 17 mars

"Bien que nous vivions une situation sanitaire et économique inédite depuis plus d'un an, la franchise a su prouver sa capacité de résilience, de résistance et de robustesse dans cette période singulière. Si les conséquences sociales et économiques d'une telle épidémie sont encore aujourd'hui préoccupantes, ce système demeure un modèle attractif avec un nombre de points de vente franchisés comme un chiffre d'affaires global assez stables." C'est ainsi que Véronique Discours-Buhot, déléguée générale de la Fédération française de la franchise (FFF), dressait, en avril 2021, le premier bilan de l'impact de la pandémie sur un secteur qui, en 2020, employait directement et indirectement plus de 668 000 personnes pour un chiffre d'affaires de 63,88 milliards d'euros (en recul de 5,8 % par rapport à 2019, dernière année pré-Covid).

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Des développeurs de réseau efficaces...

Évidemment, tous les secteurs d'activité n'ont pas été logés à la même enseigne. La restauration (- 21,4 % à 6,55 milliards) ; le prêt-à-porter (- 22 % à 4,66 milliards) ; l'hôtellerie (- 41,8 % à 1,71 milliard) ; la coiffure et l'esthétique (- 17,7 % à 1,63 milliard) et les voyages (- 60,9 % à 250 milliards) ont été les plus fortement affectés par les mois de fermeture administrative imposés pour lutter contre la pandémie. A contrario, l'équipement de la maison (+ 2,2 % à 8,05 milliards) ; l'alimentaire (+ 3,9 % à 25 milliards) ; les services à la personne (+ 12,2 % à 2,13 milliards) et aux entreprises (+ 25,2 % à 1,52 milliard) ont enregistré de très beaux résultats. Leurs performances ont même été parfois supérieures à celles enregistrées par les succursalistes intervenant dans le même secteur d'activité ­ à l'exception de l'équipement de la maison, du nettoyage, de l'immobilier et des voyages. "Les développeurs de réseau se sont révélés particulièrement efficaces pour recruter de nouveaux candidats, notamment lors du premier déconfinement. Ils se sont montrés plus actifs que d'habitude sur LinkedIn, par exemple, ce qui explique l'augmentation du nombre de dossiers déposés au deuxième semestre 2020, assure Laurent Kruch, directeur de l'institut Territoires & Marketing.

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La crise sanitaire a également eu pour effet de voir des candidats à la reconversion professionnelle s'intéresser beaucoup plus sérieusement à la franchise." Jean-Baptiste Gouache, avocat spécialiste de la franchise du cabinet conseil du même nom, le constate : "Ce secteur a prouvé, à l'instar des crises précédentes, qu'il disposait de véritables atouts pour résister et continuer à recruter, y compris dans une conjoncture très dégradée. Au-delà du contexte pandémique spécifique, la culture d'entreprise est en train de se développer profondément en France." Mais, compte tenu de la durée de l'impact du Covid-19, les franchiseurs se montrent de plus en plus exigeants sur la qualité des candidatures, dont le nombre a fortement augmenté durant la crise.

... et des multifranchisés dynamiques

Les analystes du secteur soulignent enfin que le dynamisme de nombreux pluri et multifranchisés s'est particulièrement illustré durant la crise sanitaire. "Ce sont des entrepreneurs aguerris et rapides dans leurs prises de décision, qui n'hésitent pas à changer de réseau et d'enseigne s'ils le jugent opportun", précise Emmanuel Jury, cofondateur de l'agence de développement de réseaux Progressium. A l'image de Marie-Valérie Bureau, multifranchisée depuis 1991, qui exploite pas moins de 27 magasins de vêtements sous les enseignes Okaïdi, Kaporal, IDKids, Jules, Mango et Pimkie répartis dans l'Ouest parisien, à Rennes et à Rouen.

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"Okaïdi a manifesté un soutien très actif durant la crise à l'égard de ses franchisés, ce qui n'est malheureusement pas le cas de tous les franchiseurs", reconnaît-elle. Pas de quoi refroidir cette femme énergique. Outre des transferts avec agrandissement de la surface de vente d'un Okaïdi et d'un IDKids durant l'été, respectivement à CessonSévigné près de Rennes (Ille-et-Vilaine) et à Blois (Loir-et-Cher), la multi-entrepreneuse a saisi l'opportunité de se lancer dans la franchise Bleu Libellule, de transformer un Kaporal en Esprit à Chartres (Eure-et-Loir) et de passer trois Jules sous la toute nouvelle enseigne Deeluxe. A 59 ans, elle conserve plus que jamais le goût d'entreprendre.