Une enquête issue du hors-série Franchise de L'Express à paraître le 17 mars.
Faire ce que l'on aime, s'épanouir, réussir! A l'heure du Covid, de nombreux Français se demandent s'ils n'auraient pas intérêt à se mettre à leur compte pour changer de vie. La franchise pourrait fournir une réponse à leur quête du Graal. Avec ce mode d'entrepreneuriat accompagné, les créateurs ne partent pas d'une page blanche, mais profitent d'un concept clefs en main, de processus rodés et d'un ensemble de services tout au long de leur parcours. Résultat : leur démarrage est facilité, ils se développent plus rapidement et affichent de meilleures performances, même en ces temps difficiles. Ainsi, 67 % des franchisés installés reconnaissent avoir mieux résisté à la crise qu'un commerçant isolé* et 87 % recommandent le modèle de la franchise à un entrepreneur qui aimerait se lancer (1). "C'est un vrai accélérateur de réussite pour les candidats", confirme Rémi de Balmann, avocat au cabinet D, M & D et coordinateur du collège des experts de la Fédération française de la franchise (FFF).
Un chef d'entreprise... sous contrat
La formule a cependant ses exigences. Elle impose de respecter un certain nombre de règles en matière de procédure, de normes, de communication... "Le franchisé est un entrepreneur indépendant, mais il n'est pas totalement libre de ses choix", prévient Rose-Marie Moins, directrice développement et animation à la FFF. Il ne peut pas, par exemple, changer l'aménagement ou la signalétique de son magasin comme il l'entend, ni choisir de nouveaux fournisseurs et aller à l'encontre de la politique d'achat du groupe. Il doit respecter la ligne de conduite du franchiseur et, parfois, réaliser des investissements à contrecoeur (campagne de communication, nouveau mobilier...).
Les têtes brûlées de l'entrepreneuriat et ceux qui sont animés d'une forte envie de liberté risquent d'être déçus par les limites du contrat. Ils auront plutôt intérêt à entreprendre en solo ou à viser un tout jeune réseau de franchise dans lequel ils auront davantage de liberté. A l'inverse, ceux qui croient qu'ils n'auront rien à faire - sous prétexte qu'ils réitèrent un succès - se méprennent. Un esprit entrepreneurial, doublé d'un sens du défi, est un minimum. "Le franchisé est un chef d'entreprise, il doit faire tourner sa boutique, prendre des décisions de gestion tous les jours et posséder le sens du commerce", insiste Rose-Marie Moins.
Pour gérer une boutique physique (fleurs, boulangerie, restaurant, mobilier...), il est recommandé d'avoir une âme de commerçant pour accueillir les clients, les renseigner et les fidéliser. Les activités de services (immobilier, aide à la personne, réparation en tout genre...) nécessitent en revanche le sens des affaires et des qualités de commercial car il faudra prospecter, relancer et négocier. Des capacités d'adaptation et de polyvalence sont également indispensables, particulièrement pour les anciens salariés en reconversion qui, du jour au lendemain, se retrouvent au four et moulin, à gérer les stocks, les pannes d'ordinateur, la comptabilité et le personnel. "Ils sont à la fois patron, papa et psy", plaisante Rose-Marie Moins.

