Le concept. "On fonctionne surtout sur le bouche à oreilles", affirme Vincent Lhoste. Ingénieur dans l'industrie automobile, entrepreneur à travers l'Europe, ce "passionné d'internet" a créé l'Alambik en 2010 avec son frère. Une association à but non-lucratif, sur le modèle du "plug and play" de la Silicon Valley, et qui a "enlevé les critères habituels" de candidature aux incubateurs. Pas de CV, pas de business plan : un candidat peut être accepté sur la base d'un rendez-vous d'une heure, pendant lequel Vincent Lhoste "choisit d'abord l'humain".
Une méthode expresse qu'il juge "pertinente pour le numérique". Et il n'est apparemment pas le seul : le cabinet de Fleur Pellerin, ministre déléguée à l'Economie numérique, l'a auditionné à ce sujet.Moyennant 200 euros par mois, l'association héberge une quinzaine de jeunes pousses pour une durée illimitée. "Le problème de la plupart des accélérateurs et incubateurs, c'est que ça dure six mois", affirme Vincent Lhoste. Lui se targue d'apporter "la tranquillité d'esprit" à ses protégées : "les start-up partent quand elles ont trouvé un business model solide".
Le plus. L'Alambik veut relier les start-up au CAC 40 ! Pour Vincent Lhoste, la véritable rampe de lancement pour une entreprise, c'est "de faire affaire avec un grand compte", plutôt que de chercher à lever des fonds le plus rapidement possible. Son accélérateur, il le voit comme "un Small Business Act avec les grands comptes, qui viendront sélectionner les start-up dont ils ont besoin".
Le moins. Jusqu'à présent, l'association ne proposait ni mentoring, ni événements de type "demo day" avec présentation à des investisseurs. Elle misait uniquement sur le travail autonome des start-up qu'elle héberge. Un inconvénient auquel devrait pallier la "nouvelle formule" de l'Alambik, qui veut lier ses protégées au CAC 40. Mais start-up et grands comptes font-ils bon ménage ? Si la carte de visite du grand compte peut ouvrir des portes, la dépendance d'une petite entreprise innovante à ces mastodontes au process parfois complexes est aussi un risque non négligeable.
Ce qu'elle en pense. Deborah Neuberg, fondatrice de De Bonne Facture*. "J'avais intégré l'incubateur HEC mais ils ne fournissaient pas de locaux, donc j'étais en même temps à l'Alambik pour avoir un espace de travail à peu de frais. Mais à l'époque, ils n'offraient pas d'accompagnement particulier pour les start-up".
*De Bonne Facture est une marque de mode masculine "made in France" qui commercialise ses créations à Paris et au Japon.
