"Nous invitons les entreprises à recourir le plus possible au télétravail". Le tweet du ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, n'a pas pour raison la pandémie de Covid-19, comme ce fut le cas à de multiples reprises ces derniers mois avec une telle demande, mais une grève de la RATP. Le mouvement, qui aura lieu vendredi, va très fortement perturber le réseau, a prévenu l'entreprise publique dans ses prévisions publiées mercredi.
Huit lignes de métro (2, 3 bis, 5, 7 bis, 8, 10, 11 et 12) seront fermées et six autres (3, 4, 6, 7, 9 et 13) ne seront ouvertes qu'aux heures de pointe (6h30-9 h 30 ; 16h30-19h30), avec une circulation allant d'un train sur deux à un train sur quatre. Seules les lignes 1 et 14, automatiques, fonctionneront normalement. La RATP déconseille d'y avoir recours en raison des "risques de saturation". Aussi touchés, les RER A et B ne circuleront qu'entre 6h30 et 20h30, avec seulement un train sur deux aux heures de pointe et un sur trois en heures creuses. Même désagréments pour les tramways, dont la fréquence moyenne sera réduite à un train sur trois. Et les bus, en moyenne deux sur trois, mais "avec des variations selon les secteurs et pouvant aller jusqu'à la fermeture de quelques lignes".
Hausse de salaire jugée insuffisante
Le mouvement de grève, massif, est soutenu par l'ensemble des organisations syndicales représentatives (CGT, FO, UNSA, CFE-CGC) et la quasi-totalité des autres (Solidaires et La Base). Celles-ci s'insurgent contre les propositions de la direction de la RATP, jugées insuffisantes, sur la question d'une hausse de salaire pour les salariés. Dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), la régie des transports parisiens aurait avancé, selon les syndicats, une augmentation de 0,4%.
"Une provocation", disent-ils, alors que les salariés ont répondu présent tout au long de la pandémie pour assurer la continuité du service. La direction réfute et assure avoir prévu 2,7% d'augmentation : 0,4% de mesures transverses touchant l'ensemble des salariés, mais aussi des augmentations pour l'avancement et l'ancienneté (1,8%), et pour des mesures catégorielles (0,5%). La régie évoque également un intéressement qui "pourrait être supérieur à celui des années précédents". Il était, en moyenne, de 1000 euros net.
La CGT, le premier syndicat du groupe, demande de son côté 3% de revalorisation annuelle sur les trois prochaines années. De quoi compenser une inflation en hausse et des prix qui "explosent pour les loyers, l'électricité, le gaz, le fioul domestique et les carburants". Une autre réunion de négociation, dans le cadre des NAO, est prévue vendredi matin, jour de grève.
