Après le (très long) Grand Débat organisé par BFMTV et CNews, est rapidement venu le temps des analyses des éditorialistes politiques.
Parmi eux, la journaliste Anna Cabana. La chef du service politique du JDD et intervenante régulière de BFMTV a donné son avis très tranché sur la prestation de Philippe Poutou, pourtant majoritairement saluée par les téléspectateurs.
"Nathalie Arthaud, elle avait de la dignité, une spontanéité, une éloquence... Philippe Poutou, en revanche, il apostrophait les uns et les autres par leur nom de famille, il s'asseyait derrière son pupitre, se retroussait les manches, se retournait pour parler avec son public, refusait de prendre place sur la photo collective...", déplore la journaliste. "Il s'est conduit de manière irrespectueuse. Il y a un irrespect dans sa posture de bout en bout, et une forme d'indignité par rapport à la solennité d'un débat présidentiel." Camille Langlade, reporter politique de la chaîne, n'est pas d'accord avec son interlocutrice. "Ce qui me gêne dans ce que vous dites, c'est que sans Philippe Poutou, on aurait peut-être eu aucune phrase sur les affaires", juge-t-elle.
Du mépris pour le candidat?
Les propos d'Anna Cabana ont ulcéré de nombreux téléspectateurs, qui ont pris son discours comme un signe de "mépris" pour le "petit candidat". "On lui rappelle qui est mis en examen?", a notamment écrit Nassira El Moaddem, directrice du Bondy Blog.
Un autre internaute a rappelé les propos récurrents, et bien plus élogieux, de la journaliste sur François Fillon.
Anna Cabana, jointe par L'Express, n'a pas encore répondu à nos sollicitations. Mais ses propos font forcément écho à ceux de Laurent Ruquier, samedi 1er avril, sur le plateau de On n'est pas couché. Il avait accusé Philippe Poutou d'être sympa en coulisses mais pas sur Twitter. La séquence avait également été jugée méprisante par bon nombre de téléspectateurs de France 2.
Philippe Poutou, sur Facebook, a admis par la suite avoir été "secoué" par cet accueil peu chaleureux de Ruquier et son équipe. Sans doute le sera-t-il tout autant par les propos d'Anna Cabana.
