Emeutes, voitures brûlées, gaz lacrymos, jets de pierres et bris de verre... Ce n'est pas le résumé d'un épisode de la série The Wire mais bien la réalité de Baltimore aujourd'hui. En tout cas selon le récit qu'en font les médias depuis que cette ville du nord-est des Etats-Unis s'est embrasée, lundi.

Population et forces de l'ordre se sont en effet opposées après la mort de Freddie Gray, un jeune noir décédé après une interpellation musclée. Un énième conflit, similaire à celui de Ferguson, qui a amené le président américain Barack Obama à reconnaître qu'une "crise latente" existait entre la communauté noire et les policiers. Toutefois, si de violents débordements ont bel et bien eu lieu, la plupart des manifestations ont été pacifiques.

Le vrai visage de Baltimore: mixité et tolérance

Car, loin d'apprécier le chaos, les habitants de Baltimore se mobilisent sur les réseaux sociaux pour dénoncer l'image univoque donnée à leur ville: celle d'un vivier de casseurs, pauvres et drogués. Réunis sous la bannière #therealbaltimore (en anglais "le vrai Baltimore"), ils incriminent plus particulièrement les médias de véhiculer sans cesse les mêmes clichés, comme le rapporte le Huffington Post US. Certes, le chômage y est plus élevé que la moyenne nationale (8,2% contre 5,6%) et Baltimore est classé comme étant la cinquième ville la plus meurtrière des Etats-Unis, selon les statistiques du FBI . Mais celle-ci est aussi en nette progression sur le niveau scolaire de sa population, avec un taux de diplômés du quatrième niveau équivalent à 84% d'après un rapport du Département de l'éducation du Maryland..

D'ailleurs, de nombreux professeurs n'ont pas hésité à poster des photos de leur classe, à l'image de Heather Tuttle. "J'enseigne ici parce que J'AIME cette ville. Et J'AIME cette ville à cause de mes élèves", écrit-elle en posant avec plusieurs d'entre eux:

Ou encore Amanda Hayek qui, au moment de la remise de diplômes de ses étudiants, se dit "honorée de leur avoir enseigné":

Une jeunesse qui, pour beaucoup, incarnent l'avenir apaisé de Baltimore:

Déconstruire les préjugés et affirmer l'unité

Dans le climat de tension qui règne, #therealbaltimore se veut donc être une bouffée d'oxygène. Afin de briser les stéréotypes diffusés par les correspondants couvrant les récents événements, une rubrique spéciale sur le site The Real News a même été créée. Ainsi, certains internautes soulignent qu'il ne faut pas "laisser ses perceptions dictées par un seul fait" :

Mettre en avant les bons rapports entre la police et les habitants de Baltimore qui n'hésitent pas à partager une pizza. Ou révéler l'unité du pays en se rassemblant derrière un drapeau américain. Tel est aussi le souhait des tweetos adeptes du hashtag #therealbaltimore :

Une vision utopiste que quelques-uns pourront accuser de bon-sentimentalisme. Mais qui a le mérite de rappeler que, dans la vie, rien n'est jamais totalement négatif.