Un film événement, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes. Once Upon a Time... in Hollywood raconte le Los Angeles de 1969, avec, en toile de fond, l'assassinat de l'épouse de Roman Polanski, Sharon Tate, par des membres de la secte de Charles Manson.

LETTRE OUVERTE >> "Cher Quentin Tarantino"

Dans le rôle de la jeune femme qui était alors enceinte de huit mois, Margot Robbie, qui partage l'affiche avec les deux monuments du cinéma américain Leonardo DiCaprio et Brad Pitt. Lors d'une conférence de presse organisée mercredi, à Cannes, avec une partie du casting, Quentin Tarantino a été interrogé par une journaliste du New York Times sur la place réservée à son actrice principale.

Une séquence gênante relevée par le magazine Variety. "Margot Robbie est une personne avec un grand talent de comédienne, mais vous ne lui avez pas donné beaucoup de répliques, dans le film, et j'imagine que c'est un choix délibéré de votre part, et je me demandais pourquoi nous ne l'entendons pas plus, et je voulais aussi avoir votre avis Margot."

Quentin Tarantino aurait-il privilégié ses acteurs masculins ou détriment de son actrice féminine ? Le réalisateur de Kill Bill a répondu froidement à son interlocutrice. "Je rejette votre hypothèse", a-t-il annoncé, posant le micro et provoquant ainsi un léger moment de malaise; tandis que Brad Pitt et Leonardo DiCaprio baissent le regard.

Voilà Margot Robbie qui tente donc de répondre à la question. "Je pense que les moments où je suis à l'écran donnent l'occasion d'honorer Sharon, a-t-elle répondu. Je pense que la tragédie est une perte d'innocence. Pour montrer ses merveilleuses facettes, il n'était pas nécessaire de parler. J'ai l'impression d'avoir eu énormément de temps pour explorer son personnage sans dialogue, ce qui est intéressant. J'ai rarement l'opportunité de passer tant de temps dans la peau de mon personnage."

Des questions qui auraient pu être plus piquantes

Un peu plus tard, lorsqu'un autre journaliste a tenté d'interroger le réalisateur sur les éventuelles hésitations qu'il aurait pu rencontrer à décrire une tragédie réelle, Tarantino a simplement répondu "non", refusant également de répondre aux violences envers les femmes mises en scène dans son film, suggérant qu'il ne voulait pas "spoiler" les futurs spectateurs. "Je ne peux pas évoquer cela."

Selon le Los Angeles Times, Quentin Tarantino aurait toutefois pu s'attendre à d'autres questions encore plus piquantes. "A-t-il changé son approche du tournage après les allégations d'Uma Thurman en février 2018, accusant le réalisateur de l'avoir poussée pour une cascade de Kill Bill l'ayant blessée de manière définitive ?" Ou encore "Pourquoi a-t-il embauché Emile Hirsch, qui a plaidé coupable d'agression envers une actrice en 2015 ?" "A-t-il une réponse à apporter aux affirmations de Rose McGowan, publiées dans son ouvrage paru en 2018, dans lequel elle affirme qu'il lui a régulièrement dit, et de manière publique, qu'il se masturbait en regardant des images de ses pieds dans son film Jawbreaker ?" Autant de questions qui ne lui auront pas été posées.