Transmission animale ou accident de laboratoire ? Xavier Yvon reçoit le journaliste Yohan Blavignat pour décortiquer les différentes pistes étudiées tandis que Stéphanie Benz, du service Sciences et Cyrille Pluyette, journaliste au service monde, nous expliquent les enjeux de la résolution de l'énigme.
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L'équipe : Xavier Yvon (écriture et présentation), Margaux Lannuzel (écriture), Lison Verriez (montage), Louis Coutel (réalisation), Mathias Penguilly (stagiaire).
Crédits : France 2 (Envoyé Spécial), White House Office of the Press Secretary, National Geographic Wild France
Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent
Logo : Justine Figueiredo
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Xavier Yvon : Une fois n'est pas coutume, je vais commencer cet épisode par une alerte spoiler : d'ici quelques minutes, quand vous aurez fini de lire cet article, vous n'aurez toujours pas la réponse à la question que le monde entier se pose : d'où vient le Covid-19 ? En revanche, promis, vous allez tout comprendre des deux grandes hypothèses - transmission animale ou accident de laboratoire, cette piste qui revient en force ces dernières semaines - et surtout, nous allons vous expliquer pourquoi il est si important de savoir quelle est l'origine de ce virus qui a changé nos vies.
Un an et demi après, on ne sait donc toujours pas d'où vient le SARS-CoV-2, ce virus qui provoque la maladie de Covid-19 et qui a tué 3.758.421 personnes dans le monde, bilan précis à l'heure où nous avons enregistré ce podcast, selon l'université Johns-Hopkins. Pour tout mettre à plat, nous avons fait appel à Yohan Blavignat.
Yohan, à la rédaction de L'Express, tu t'es attaché depuis le début de la pandémie à comprendre d'où vient le coronavirus, et comme tout le monde, au début, tu as étudié la piste de la transmission animale.
Yohan Blavignat : Oui, c'est ce qui se passe dans la majorité des cas, on estime que la zoonose - donc la transmission animale - est l'origine de 80 % des dernières épidémies. C'était le cas du premier SARS, c'est le cas du MERS aussi. La zoonose, c'est un mécanisme qui est assez simple : pour les dernières épidémies, c'était une chauve-souris qui avait infecté un animal intermédiaire, avant d'infecter l'Homme.
Xavier Yvon : Donc, c'est un virus qui se transforme dans un animal et qui devient transmissible à l'Homme.
Yohan Blavignat : C'est ça. Une recombinaison s'opère au sein de l'animal intermédiaire avant d'arriver jusqu'aux cellules humaines.
Xavier Yvon : Alors, je vais résumer ce qu'on sait, tu m'arrêtes si je me trompe. Les virus respiratoires, type coronavirus, pullulent chez les chauves-souris et le fameux SARS-CoV-2 provient - on en est presque sûrs - de la chauve-souris fer à cheval. C'est une race de chauve-souris qu'on trouve en Asie, notamment dans le sud de la Chine, donc pas du tout dans la région de Wuhan, l'épicentre de la pandémie, au départ. Il faut donc réussir à faire le lien et à trouver le fameux animal intermédiaire qui a attrapé le virus de la chauve-souris et qui l'a transmis à l'Homme...
Yohan Blavignat : Dès janvier 2020, on s'est attaché à le trouver. À ce moment-là, on était sûrs que c'était une zoonose, compte tenu des dernières épidémies. Rapidement, un suspect se dégage : c'est un petit animal à écailles - qui ne vit pas en Chine d'ailleurs - qui s'appelle le Pangolin et que le monde ne connaissait pas. Pourquoi le Pangolin a-t-il été accusé si rapidement ? Parce que des tests ont été réalisés sur des pangolins importés depuis la Malaisie et ils ont trouvé un virus proche du SARS-CoV-2 à 99 %. Donc l'affaire était réglée, classée. Des revues scientifiques comme The Lancet ou Nature ont même fait des publications dans ce sens, sauf que ce n'est pas si simple que ça.
Xavier Yvon : Le Pangolin a gagné en publicité. Maintenant, tout le monde est capable de reconnaître ce petit animal à écailles dévoreur de fourmis. Mais alors, il n'a rien à voir avec l'épidémie ?
Yohan Blavignat : Non effectivement, il a été innocenté aujourd'hui. Ça, c'est une des seules certitudes dans le "magma de mystères" qui existe à propos de l'origine de la pandémie : le Pangolin est innocent et le vrai coupable court toujours.
Xavier Yvon : Donc, si ce n'est pas le Pangolin, de qui s'agit-il ?
Yohan Blavignat : Il y a plusieurs suspects qui ont été mis sur le devant de la scène : il y a eu les visons notamment, il y a des élevages en Chine - pas dans la région du Hubei, mais plus au sud - il y a eu le chien viverrin aussi. Ces deux animaux ont un système respiratoire qui est très proche de celui de l'être humain. On a vu, notamment au Danemark et en France, que les visons pouvaient contracter le SARS-CoV-2. Pourtant, sur plus de 80.000 échantillons qui ont été réalisés par l'OMS lors de son enquête en Chine en février dernier, on n'a jamais retrouvé la moindre trace du virus. On peut se dire que 80.000, c'est beaucoup et en même temps, c'est très peu par rapport au nombre d'animaux d'élevage dans cette région-là... Aujourd'hui, on n'a toujours pas identifié d'animal intermédiaire.
Xavier Yvon : Est-ce que c'est facile, d'habitude, de trouver l'animal intermédiaire dans une épidémie ?
Yohan Blavignat : Par le passé, ça s'est fait assez facilement. Pour la première épidémie de SRAS, en 2002, il a fallu à peine quelques mois pour le trouver : c'était une civette palmiste. Le MERS, lui, a commencé à se propager à l'automne 2012, et au printemps, on savait que le dromadaire était l'animal intermédiaire. Là, ça prend beaucoup plus de temps. Des tests ont tout de même été réalisés en grand nombre, mais...
Xavier Yvon : ... Mais on ne sait toujours pas. Donc un an et demi après, l'animal-chaînon manque toujours et plus l'hypothèse de cette zoonose, de cette transmission animale s'éloigne, plus une théorie aux accents complotistes prend de l'ampleur : celle de l'accident de laboratoire.
Cette théorie a été avancée par Donald Trump, dès le début de la pandémie, sans la moindre preuve. Cette piste a été rapidement rangée dans le placard du complotisme, puis rejetée par de nombreux scientifiques et même par l'OMS. Mais cette hypothèse d'un accident survenu dans le laboratoire P4 de l'Institut de virologie de Wuhan revient sur le devant de la scène ces dernières semaines. Des biologistes de renom ont appelé à l'examiner de près et Joe Biden a demandé aux services de renseignement américains d'enquêter sur cette piste. Il faut dire que depuis un an et demi, les indices se sont multipliés. Avant de les détailler, Yohan, tu nous expliques que des scientifiques-enquêteurs venus du monde entier ont assemblé un "puzzle", fait de bribes d'informations assemblées bout à bout.
Yohan Blavignat : Oui c'est ça, des cellules d'investigation se sont mises en place de manière assez indépendante, avec différents chercheurs, notamment sur les réseaux sociaux. Il y en a une qui est assez renommée, qui s'appelle "Drastic", avec une composition assez hétéroclite (il y a des ingénieurs, des biologistes...). Leur objectif, c'est de déterrer des indices dans les publications scientifiques passées. Il faut savoir qu'il y a plusieurs milliers de publications scientifiques par mois, leur tâche n'est pas facile. Il y en a aussi une en France qui s'appelle le groupe de Paris, qui s'est formée autour de deux virologues marseillais et qui se fait l'écho de cette théorie-là, en appelant à une véritable enquête indépendante.
Xavier Yvon : Le premier indice qui a été déterré dans cet énorme travail, on le trouve dans la province chinoise du Yunnan, située à environ 1500 km de Wuhan. Là-bas, il s'est passé un événement très intrigant il y a neuf ans...
Yohan Blavignat : Oui, c'était en avril 2012 précisément. Six mineurs sont restés pendant deux semaines dans une mine désaffectée du Mojiang (dans le Yunnan, donc), avec pour mission de collecter le guano, c'est-à-dire les excréments des chauves-souris de la grotte. Au bout de deux semaines, un premier homme a été hospitalisé, il avait une trentaine d'années. Finalement, les cinq autres ont aussi été hospitalisés pour une pneumonie virale d'origine inconnue, avec des symptômes qui sont très proches de ceux du Covid-19. Par la suite, le laboratoire de Wuhan a fait des échantillonnages dans cette grotte pendant plusieurs années...
Xavier Yvon : Le laboratoire de Wuhan a donc ramassé des virus respiratoires, issus des chauves-souris vivant dans cette grotte, et parmi ces virus rapportés de la mine, il y en a un qui est un cousin très proche du SARS-CoV-2.
Yohan Blavignat : Tout à fait. Il s'appelle RaTG13, c'est le virus le plus proche qu'on ait découvert : il est identique à 96,2 % au SARS-CoV-2. C'est trop peu pour être son progéniteur direct puisqu'on estime qu'il faut 99 % de similitude pour que les deux virus soient directement liés. Cela reste un indice majeur, qui relance la piste d'une fuite accidentelle du laboratoire de Wuhan, parce qu'effectivement, cela signifie que, dans cette grotte, il y avait des coronavirus de chauves-souris très proches du SARS-CoV-2, qui ont pu infecter les mineurs de 2012...
Xavier Yvon : ... et qui ont donc pu se retrouver dans le fameux laboratoire de virologie de Wuhan. Le deuxième indice tient à la nature même du SARS-CoV-2 et à sa fameuse protéine Spike : qu'est-ce que cela veut dire ?
Xavier Yvon : Le nouveau coronavirus possède une protéine appelée "Spike" qui permet de pénétrer dans les cellules humaines. Cette protéine, c'est un peu comme un cambrioleur qui possèderait les clés d'une maison : il pénètre très facilement à l'intérieur. Là, elle permet d'infecter l'Homme très facilement. Cette particularité-là, elle n'existe pas dans d'autres coronavirus, ou du moins, elle n'est pas aussi efficace...
Xavier Yvon : Et donc, comment peut-on expliquer qu'il y a une protéine Spike aussi efficace dans ce coronavirus ?
Yohan Blavignat : Il y a deux hypothèses. Les tenants de la zoonose pensent que c'est un fait de l'évolution, que ça a énormément tourné chez les animaux, avant que ça n'infecte l'Homme à Wuhan. Les tenants de la thèse du laboratoire, disent en revanche qu'il s'agit d'une manipulation humaine.
Xavier Yvon : Parce qu'on le sait, l'Institut de virologie de Wuhan a fait ce genre de manipulations sur des virus respiratoires. Cet autre indice a d'ailleurs été déterré par l'armée de scientifiques qui enquêtait depuis un an et demi...
Yohan Blavignat : Ils ont effectivement fait des expériences sur des coronavirus, en collaboration avec des universités américaines. Au départ, c'était dans le but de prévenir des futures pandémies, mais si jamais il y a eu une fuite... C'est une toute autre histoire ! Depuis 2016, on sait qu'ils ont notamment développé un virus de chauve-souris qui peut pénétrer dans les cellules humaines sans animal intermédiaire.
Xavier Yvon : Pour résumer, il y a donc un scénario où un virus de chauve-souris rapporté de la fameuse mine du Yunnan, a été transformé dans le laboratoire de Wuhan pour devenir le SARS-CoV-2 qui provoque le Covid-19...
Yohan Blavignat : Juste une précision : il n'a pas été créé en laboratoire. On n'est pas capable de créer un virus comme celui-là en laboratoire. Par contre, on sait qu'il y a eu des manipulations et c'est possible qu'il y ait eu un accident : soit une fuite accidentelle, soit un chercheur qui a été contaminé, soit un animal de laboratoire qui a été infecté, avant de contaminer un chercheur... Toutes ces hypothèses sont sur la table.
Xavier Yvon : Le dernier indice en date d'ailleurs - il a été révélé par le Wall Street Journal - montre que des scientifiques de l'Institut sont tombés malades...
Yohan Blavignat : Exactement. On a su cela il y a quelques semaines à peine. Selon les services de renseignement américains, au moins trois scientifiques auraient été hospitalisés pour des symptômes très proches du coronavirus, dès novembre 2019, soit un mois avant les premiers cas officiels en Chine. Le problème, c'est que ces trois chercheurs revenaient d'une mine désaffectée du Yunnan... Peut-être la même que celle des mineurs tombés malades en 2012... Ça, on ne le sait pas encore.
Xavier Yvon : Depuis, l'accès à cette fameuse mine a été totalement interdit par les autorités chinoises. Tous les indices qu'on vient d'évoquer ne sont pas des preuves, mais ils renforcent le soupçon. Est-ce déjà arrivé qu'un virus s'échappe d'un laboratoire comme ça ?
Yohan Blavignat : Oui, c'est arrivé à deux reprises au moins. C'était notamment le cas pour la grippe A (H1N1) de 1977. On sait que c'était en Russie, que le virus était cultivé dans des congélateurs et qu'il s'est échappé. Ça n'a pas provoqué de pandémie à l'époque, mais c'était un accident... Et puis, dans les années qui ont suivi l'épidémie de SRAS de 2002, il y a eu au moins quatre accidents de laboratoire en Chine...
Xavier Yvon : Franchement, Yohan, toi qui travailles sur ce sujet depuis un an et demi, penses-tu qu'on saura vraiment un jour d'où vient le Covid-19 ?
Yohan Blavignat : Je ne sais pas... Ce n'est pas sûr. Les chercheurs que j'ai interrogés sont divisés aussi sur la question. Certains pensent que si c'est une zoonose, on le saura un jour. D'autres affirment que si c'est une fuite de laboratoire, il faudra soit un changement de régime, soit un lanceur d'alerte...
Xavier Yvon : De toute manière, il faudra bien trouver parce que connaître l'origine du Covid-19, c'est un enjeu primordial pour notre avenir... J'accueille Stéphanie Benz, du service Sciences de L'Express, et Cyrille Pluyette du service Monde, qui viennent de nous rejoindre. D'abord Stéphanie, ça fait un an et demi que tu travailles sur cette pandémie - tu es un peu la "Madame Covid" de la rédaction... J'imagine que, personnellement, tu aimerais bien connaître l'origine de ce virus qui t'occupe depuis longtemps. Mais sinon, pourquoi est-ce essentiel pour tout le monde de savoir d'où il vient ?
Stéphanie Benz : Alors c'est essentiel parce que ça permettrait de prévenir la survenue de futures épidémies. Si effectivement c'était une zoonose, ça remettrait en question toutes les interactions qu'on peut voir aujourd'hui entre l'Homme et les écosystèmes. Avec la déforestation, on perturbe ces écosystèmes dans lesquels vivent des chauves-souris. Celles-ci se retrouvent donc plus facilement au contact d'élevages ou d'êtres humains. Cela questionne aussi nos pratiques d'élevage intensif et de commerce d'animaux vivants : après l'épidémie de SRAS de 2002, la Chine s'était engagée à réguler les marchés d'animaux vivants. On s'est finalement rendu compte que ça n'avait pas été fait, ou pas suffisamment...
Xavier Yvon: Ça, c'est s'il s'agit d'une zoonose. Mais si c'est un accident de laboratoire, ce n'est pas la même réponse.
Stéphanie Benz : S'il s'agit d'un accident de laboratoire, cela veut dire qu'il faudra renforcer la réglementation qui s'applique aux recherches sur les virus dangereux et notamment aux expériences "gain de fonction", qui visent à manipuler des virus pour les améliorer, les rendre plus transmissibles, etc. Ce que disent les chercheurs aujourd'hui, c'est que si on allait dans cette direction, il faudrait absolument que la réglementation soit une réglementation internationale. En 2012, Barack Obama avait posé un moratoire sur ce type de recherche aux États-Unis parce que de nombreuses inquiétudes ont émergé suite à des manipulations de virus de la grippe en Hollande et aux États-Unis. Aux États-Unis, il y a donc eu un moratoire et on s'aperçoit que les laboratoires américains, notamment les NIH (ndlr : National Institutes of Health, les laboratoires de recherche biomédicale, financés par le gouvernement américain), qui menaient ce genre d'expériences aux États-Unis, les ont transférés, notamment vers le laboratoire de Wuhan en Chine.
Xavier Yvon : En fonction de l'origine du Covid-19, les réponses ne seront pas les mêmes. Il s'agit en tout cas, d'un enjeu majeur pour la santé de la planète. C'est aussi un enjeu pour l'équilibre du monde. Cyrille, je me tourne vers toi qui est le spécialiste Asie, ici à L'Express (tu as même été correspondant à Pékin). Ce qui se joue en toile de fond de cette enquête sur les origines, c'est la rivalité Chine-États-Unis.
Cyrille Pluyette : C'est exactement ça. On est dans un contexte où il y a une rivalité croissante entre la Chine et les États-Unis pour la domination mondiale. À terme, les Chinois veulent remplacer les États-Unis et en filigrane, il y a vraiment une guerre des récits sur cette pandémie. Si cette théorie de la fuite de laboratoire se confirme, ça vient percuter brutalement le récit que la Chine essaye de faire de cette crise. Ce que la Chine essaye de faire passer comme récit, c'est qu'on ignore absolument l'origine de cette pandémie et donc qu'elle n'en est absolument pas responsable. Elle veut aussi raconter qu'elle a très bien su contrôler cette épidémie grâce à la supériorité de son régime, par rapport aux démocraties occidentales et puis, elle essaie aussi de se donner l'image d'une puissance altruiste, responsable, qui distribue des vaccins aux pays en voie de développement, contrairement à l'Occident égoïste...
Xavier Yvon : C'est une sorte de soft power.
Cyrille Pluyette : Voilà. Si cette théorie de l'accident de laboratoire se confirme, ça change complètement la donne : on passe d'une catastrophe naturelle à laquelle le monde entier a été confronté à une catastrophe qui a été provoquée au mieux par une négligence et peut-être aussi par une volonté d'étouffer des problèmes au départ. Ça change complètement les choses...
Xavier Yvon : La Chine ne serait donc plus supérieure et altruiste ; elle serait négligente et incompétente.
Cyrille Pluyette : Exactement. Alors que le sentiment anti-chinois grandit dans le monde - comme le montrent les études récentes sur les réseaux sociaux - cela créerait énormément de rancoeur et de colère contre la Chine. Ce serait loin d'être anodin et les États-Unis marqueraient à l'inverse énormément de points dans ce combat de soft power entre les deux superpuissances.
Xavier Yvon : Ces éventuelles tensions entre la Chine et les États-Unis, quelle forme pourraient-elles prendre ?
Cyrille Pluyette : Elles pourraient prendre différentes formes, d'intensité graduée. Il pourrait s'agir de déclarations extrêmement agressives, comme en sont devenus spécialistes les fameux "loups-combattants" de la diplomatie chinoise, mais ça pourrait aussi être des sanctions commerciales : c'est comme cela que la Chine a réagi l'an dernier, à l'initiative australienne de lancer une enquête sur les origines du Covid. Les Chinois ont mis en place des sanctions. Enfin, à l'extrême, ça pourrait aller jusqu'à des tensions sur le terrain. On a bien vu que c'était possible lorsqu'il y a eu de fortes tensions entre la Chine et l'Inde : il y a eu des heurts extrêmement violents à la frontière himalayenne entre les deux pays.
Xavier Yvon : On va suivre tout cela de très près. Merci à tous les trois ! Yohan Blavignat, Stéphanie Benz et Cyrille Pluyette, votre dossier complet sur les origines de Covid-19 est à retrouver bien sûr sur le site de L'Express. Comme promis, vous ne savez toujours pas d'où vient le virus, mais on espère vous avoir éclairé sur les enjeux de cette enquête.
