Il n'a pas la chemise blanche de son aîné Bernard de la Villardière, mais il aime tout autant parcourir le monde à la recherche de sujets percutants. Martin Weill, qui s'est retiré de l'émission de Yann Barthès, Quotidien, à la rentrée dernière, présente ce mardi sa nouvelle émission, Martin Weill, Les nouveaux gourous, à 21 heures, sur TMC. Le logo du programme ? Un M et d'un W entrelacés. Voilà qui donne le ton d'un programme plutôt centré sur son animateur.
Après cinq ans passés au Petit Journal, de Canal+ puis à Quotidien, il faut dire que le journaliste de 31 ans a pris du galon : il est désormais seul aux manettes de ce programme signé Bangumi et Laurent Bon, comme ce fût le cas par le passé, une seule fois en juin 2017, pour une émission spéciale consacrée à Donald Trump.
Un stage masculiniste aux Etats-Unis
Pendant un peu plus d'une heure et demie, Martin Weill arpente le monde entier, passant ainsi du Brésil aux Pays-Bas, sans oublier les Etats-Unis, le Canada et le Pérou, pour trois sujets consacrés aux "nouveaux gourous". On part d'abord par les Etats-Unis, pour ce stage masculiniste situé à Laguna Beach, où les hommes réapprennent la "virilité" et contestent avec colère la montée du féminisme partout dans le monde. On y "apprend" que les "vagins ne seront jamais des pénis", et que si les femmes mettent du maquillage, c'est pour "attirer les hommes."
Le sujet, quoi que spectaculaire, n'a toutefois pas grand-chose de "nouveau", puisqu'il a amplement été traité depuis que l'affaire Weinstein a éclaté, en octobre 2017. Avec son regard ironique et sa distance, Martin Weill réussit toutefois à rendre son reportage aussi prenant qu'inquiétant.
Une drogue hallucinogène "à la mode" et Jésus
Pour son deuxième sujet, Martin Weill s'intéresse à l'ayahuasca, une drogue hallucinogène interdite en France, provoquant des transes ainsi que des purges violentes, et supposée être plus efficace que dix ans de psychothérapie. Si cette substance est présentée par le journaliste comme récemment "à la mode", force est de constater que cela fait de très nombreuses années que les médias en parlent.
Mais passons. Le journaliste part interroger Alberto Varela, gourou controversé ayant bâti un empire aux Pays-Bas grâce à cette drogue, avec le lancement d'une "école européenne d'ayahuasca." Au programme, des séances "d'activation de conscience", et des images toujours plus étonnantes.
Ce sujet reste une bonne occasion pour le journaliste d'incarner le programme. Quitte à laisser passer au second plan ses intervenants ? "L'exercice est compliqué, c'est toujours difficile de savoir à quel point tu restes dans le sujet ou à quoi point tu deviens le sujet, admet Martin Weill dans Les Inrocks. Je pense que ça dépend de chaque thème, parfois on en est content, parfois non. Plusieurs fois au Petit Journal ou à Quotidien je me suis dit qu'on était dans un truc trop incarné. Mais je ne pense pas qu'on puisse avoir cette impression dans les sujets à venir."
Après une pastille humoristique digne de Quotidien, intitulée "les 6 gourous les plus barrés", Martin Weill s'intéresse, pour finir, à la secte brésilienne d'Inri Cristo, fondée en 1982. L'homme de 70 ans, qui prétend être Jésus Christ, vit reclus avec de nombreux disciples.
Encore une fois, Martin Weill n'hésite pas à donner de sa personne pour que le reportage, sans doute moins fort, fonctionne, enfourchant carrément une trottinette électrique devant les caméras de TMC. Avant de partir, le journaliste consent même à se faire bénir par Inri Cristo "avec le feu sacré de l'esprit sain."
Au final, Martin Weill, très à l'aise à la présentation, ne réinvente pas vraiment l'émission de reportages. Ce qui n'empêche pas un deuxième numéro d'être déjà prévu : comme le précédent, il s'intéressera aux "obsessions" de notre société, et parlera cette fois du "corps parfait". Il sera diffusé dans le courant du mois de janvier.
