"Ce pourfendeur de démon" (Demon Slayer) a trouvé la potion pour résister à un terrible ennemi, le Covid-19. Le combat de Tanjiro Kamado contre les forces obscures pour sauver sa soeur a réussi à doper la fréquentation des salles de cinéma japonaises, même en période de pandémie. Sorti sur grand écran le 16 octobre dernier, Demon Slayer, le train de l'infini a déjà rapporté plus de 150 millions de dollars dans l'Archipel, soit le meilleur démarrage de toute l'histoire. Adapté d'une célèbre BD, ce titre a déjà séduit les Français sous sa forme papier. Le premier tome, édité en septembre 2019, vient d'entrer dans les dix plus grosses ventes de mangas cette année. "C'est une performance assez exceptionnelle mais pas rarissime", précise Paul-Antoine Jeanton, consultant livres pour l'institut Gfk.

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Car, au-delà même de cette réussite, l'ensemble du genre se porte très bien depuis le mois de janvier, et ce, malgré le premier confinement. Si 2019 avait battu tous les records avec 19 millions d'ouvrages vendus, les neuf premiers mois de 2020 affichent déjà un très bon résultat avec 14,7 millions de mangas écoulés, en hausse de 11% sur un an selon Gfk. Les Dragon Ball, One Piece, My Hero Academia, One Punch Man, etc. ont rapporté 109,7 millions d'euros. "Après un bon démarrage au premier trimestre, une chute de 72% des ventes a été constatée pendant le premier confinement, seul événement capable de casser la dynamique actuelle, ajoute Paul-Antoine Jeanton. Mais depuis le mois de mai, on enregistre une forte progression de 41%".

La série

Difficile de savoir si la seconde vague va freiner de nouveau cette croissance, avec la fermeture des librairies et des enseignes spécialisées. Les amateurs peuvent toutefois se consoler en se connectant à des services de vidéo à la demande par abonnement, réservés aux mangas. Crunchyroll, ADN ou Wakanim proposent de nombreux catalogues de séries d'animation tirées de ces livres.

"Nous sommes les seuls à diffuser la première saison comprenant 26 épisodes de Demon Slayer, explique Matthias Jambon-Puillet, directeur marketing Europe de Wakanim, racheté par Sony. Sa notoriété a explosé lorsque des influenceurs sur Internet - aux Etats-Unis et en France - l'ont recommandé à leurs communautés." Dès les premières semaines de sa mise en ligne, le nombre de nouveaux abonnés a été multiplié par trois. Et l'entreprise compte bien s'appuyer sur le succès au Japon du film Demon Slayer pour essayer de l'exploiter en salles dans l'Hexagone. Mais pas avant 2021. Dans le meilleur des cas.