En couvrant le drame dont a été victime la rédaction du journal Charlie Hebdo, Le New York Times s'est démarqué de plusieurs autres titres américains comme le Washington Post ou encore le Wall Street Journal. Contrairement à ses confrères, le titre n'a pas publié les caricatures de l'hebdomadaire français, au vu des polémiques qu'ont suscité les dessins du prophète Mahomet ces dernières années. Ce choix éditorial, relevé par de nombreux médias, a en réalité fait longuement réfléchir la rédaction du journal américain. Dans un billet publié ce mercredi sur le site internet de The International New York Times, Margaret Sullivan, directrice de la rédaction du journal, a tenu à répondre aux réactions des lecteurs ainsi qu'à la presse.
Désinformer les lecteurs
Elle y fait part de ses regrets et évoque notamment la désinformation dont ont pu être victimes les lecteurs: "Si leur unique source d'information était le Times [...] ils auraient pu passer la semaine entière sans avoir la moindre idée de ce à quoi ressemblaient ces caricatures dites offensantes. Ce n'est pas leur rendre service", a-t-elle expliqué. Le choix du New York Times émane aussi de son rédacteur en chef,Dean Baquet, qui ne trouvait pas les caricatures nécessaires à l'illustration des événements de Paris. Selon Margaret Sullivan, Dean Baquet aurait aussi voulu ménager certains des lecteurs du Times. Ces derniers ont été nombreux à remercier Baquet pour son tact et sa "retenue" à leur égard.
Charlie Hebdo fait partie de l'histoire
Néanmoins, au vu de l'importance de la couverture médiatique dont a fait l'objet Charlie Hebdo "qui est devenue une partie de l'histoire et a retenu l'attention du monde entier cette dernière semaine", Margaret Sullivan regrette ce choix éditorial. L'écho donné aux caricatures en ont fait "une information importante" qui selon elle, aurait du paraître dans les pages du New York Times. Elle en conclut que "les lecteurs du Times n'auraient pas dû avoir à aller ailleurs pour les trouver".
