Le documentaire s'intitule La Guerre en héritage. Il est produit par la maison de production de Cyril Hanouna, H2O, et promet de faire le point sur la bataille judiciaire qui oppose Laeticia Hallyday, son épouse, et ses deux enfants issus de précédentes unions, David Hallyday et Laura Smet.
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Diffusé le 6 juin prochain, ce documentaire va également "tout changer", si l'on en croit la production. Car il contient une "interview jamais diffusée à la télévision française", dans laquelle "Johnny s'exprime sur son héritage et ce qu'il souhaite léguer à ses enfants, et affirme qu'il se sent Français, qu'il est un rockeur français." Dans un extrait diffusé le 22 mai dans Touche pas à mon poste (produite également par H2O), on voit Johnny Hallyday après un concert, dans une loge de l'Orpheum Theater de Los Angeles. Nous sommes le 24 avril 2014, soit quelques mois seulement avant la signature du dernier testament du chanteur rédigé en anglais, désormais au coeur de tous les litiges, le 11 juillet 2014. Et quelques jours seulement après la signature d'un avant- dernier testament, dans lequel le chanteur déshéritait déjà ses deux premiers enfants.
"Je suis Français, je fais du rock n'roll"
Le journaliste Franck Ragaine lui demande : "Vous avez quatre enfants et trois petits-enfants. Quel est l'héritage que vous voulez leur laisser ? Que voulez vous qu'ils gardent dans leur coeur à votre sujet ?" Voici ce qu'il répond : "Que je suis un rockeur français. Je suis Français, je fais du rock n'roll. J'ai adapté le rock en français. Bien sûr, je fais des chansons en anglais mais j'en fais surtout en français." À l'époque, une autre partie de l'interview avait été diffusée sur Télé Star, dans laquelle il n'était pas du tout fait mention d'un quelconque héritage culturel ou financier.
Les propos de Johnny, et son appartenance française, ne sont pas anodins : ce mardi 28 mai, le tribunal de Nanterre devra justement statuer sur la compétence de la justice française pour trancher le litige autour de l'héritage de l'artiste, mort le 6 décembre 2017. L'avocat des enfants de Johnny Hallyday, Pierre-Olivier Sur, avait d'ailleurs déjà relevé une phrase de Laeticia Hallyday, prononcée le 12 avril 2018 dans le Point, pour la retourner contre elle. Dans sa première interview après la mort de son époux, elle affirmait avoir "épousé la tour Eiffel". "Nous lui avons répondu qu'ayant épousé la tour Eiffel, elle épousait aussi notre code civil, et que le code civil français implique que l'on ne puisse pas déshériter des enfants", a répondu Pierre-Olivier Sur au micro d'Europe 1.
L'intervieweur Franck Ragaine, également interrogé par la station, estime de son côté que cette interview réalisée il y a cinq ans, "n'est ni pour ni contre qui que ce soit." "Elle est légitime et factuelle et a été faite dans un contexte qui n'a rien à voir avec le procès actuel. Elle a le mérite de voir Johnny s'exprimer en toute authenticité et sans aucune contrainte. Il répond avec son coeur, ses mots à lui et c'est l'essentiel."
"L'une ou l'autre des parties fera appel"
Cet entretien dont le contenu intégral sera diffusé le 6 juin prochain pourra-t-il réellement influer sur le verdict qui sera rendu ce mardi ? "De toute façon, on est partis pour dix ans de procédure. Quelle que soit la décision du tribunal, l'une ou l'autre des parties fera appel", a indiqué une source proche du dossier à l'AFP. Ce qui permettrait à la vidéo d'être prise en compte, ou pas, dans les décisions futures. Quant au juge américain, il a décidé de reporter au 26 juin sa prochaine audience, lors de laquelle il décidera, ou non, d'un éventuel transfert des actifs du chanteur dans le trust au profit de Laeticia Hallyday, ce qui lui laisse le temps de prendre connaissance de tous les éléments.
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Mais outre cette "petite phrase qui pourrait tout changer au procès", selon H2O, c'est surtout la "résidence habituelle" du chanteur qui devra être déterminée, afin de savoir à quel tribunal il reviendra de trancher cette affaire. "Il appartient au juge de procéder à une évaluation d'ensemble des circonstances de la vie du défunt au cours des années précédant son décès et au moment de son décès. La résidence habituelle ainsi déterminée devrait révéler un lien étroit et stable avec l'État concerné", avait ainsi indiqué le TGI de Nanterre dans un communiqué.
