Au lendemain de la Une polémique de Charlie Hebdo sur les attentats de Bruxelles et quelques heures seulement après le dérapage de la ministre Laurence Rossignol -qui a évoqué "des nègres pour l'esclavage" pour expliquer que des femmes portent le voile-, c'est cette fois Plantu qui a déclenché une vague de commentaires indignés.
En cause, une caricature du dessinateur -qui travaille pour Le Monde et L'Express- publiée ce mercredi sur son compte Twitter. Sur ce dernier, deux femmes voilées, dont l'une portant une ceinture explosive, accompagnées du titre "Dolce & Gabbana lance une collection de hidjabs, à quand la fashion ceinture?". Sur la gauche, une femme cheveux au vent, une larme à l'oeil.
Plantu fait ici référence à la collection "hijabs et abayas" lancée par Dolce & Gabbana en janvier dernier à destination de la clientèle fortunée et musulmane des pays arabes, où le voile est parfois imposé, comme en Arabie Saoudite et dans le golfe Persique. La collection de Dolce & Gabbana avait été globalement saluée dans le monde de la mode en janvier dernier, alors que le voile traditionnel était jusqu'ici délaissé par cette industrie.
"Les musulmans représentent 22% de la population [mondiale] et leurs exigences vestimentaires sont trop souvent délaissées par les grandes maisons de couture et de prêt-à-porter européennes", déclarait alors Stefano Dolce et Domenico Gabbana, réputés pour leurs créations sexy et chatoyantes.
"Je veux défendre l'image de la femme"
Le dessinateur de presse a reçu des dizaines de messages, la plupart injurieux ou haineux. De nombreux internautes lui ont reproché, en affichant une musulmane voilée et une kamikaze "à la mode", de faire l'amalgame entre islam et terrorisme.
D'autres, plus rares, ont tenté de défendre le droit à l'humour et la caricature.
Certains se sont contentés de juger cette caricature tout simplement "mauvaise".
Contacté par La Parisienne, Plantu s'est expliqué brièvement. "Je veux défendre l'image de la femme", a-t-il déclaré.
LIRE AUSSI >> Collections islamiques: "Renoncez au fric", dit Pierre Bergé aux créateurs
